Modèle financier de startup, Seed à Série A
P&L mensuel, masse salariale pilotée par le plan d'embauche, tracker de subventions non-dilutives canadiennes (RS&DE, PARI, CanExport), onglet runway et stress-test.
Me prévenir quand il sortLe stade ancre tout, ticket, fit, profil de lead. Choisis celui qui décrit le tour que tu prépares maintenant.
Le montant cible. On dimensionne tes matches dessus, et ton runway en mois apparaît dès que tu ajoutes trésorerie et burn plus tard.
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Certains investisseurs investissent partout, d'autres ont un mandat géo. On filtre et on classe en conséquence.
Equity, SAFE, note convertible, autre. Aide à écarter les investisseurs qui ne font qu'un seul type de papier.
Une cible approximative suffit. Aide à mettre tes matches immédiats devant et ta liste "plus tard" de côté.
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Lien = les 2 investisseurs apparaissent dans au moins un même syndicat. Taille du point = nombre de co-investisseurs distincts.
Modèles, decks et squelettes de data room utilisés par des fondateurs qui ont closé de vrais tours. Retire nos noms, mets les tiens.
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Me prévenir quand il sortProblème, why-now, traction, modèle économique, équipe, ask. La structure que les investisseurs attendent, slide jalons incluse.
OuvrirUne arborescence vide, prête à dézipper dans votre drive investisseurs. Un README par dossier, dont une section Fiscalité et subventions pour RS&DE et PARI.
OuvrirKPIs, jalons, tirages de subventions, embauches, asks. Le format mensuel d'une page qui garde les investisseurs au chaud entre les tours.
OuvrirFondateurs, un option pool, des SAFEs, des tours pricés, ROI à exit. Sanity checks intégrés. Livré avec l'outil cap table.
Listes courtes, opinionnées, calibrées sur un vrai cycle de diligence. À imprimer, à cocher, à tuer une classe d'erreurs.
Des points couvrant le récit, les métriques, l'équipe et la gouvernance, le commercial et le non-dilutif, la data room et le mapping d'investisseurs. La liste à passer avant tout outbound.
Quoi envoyer 48h avant, avec quoi entrer dans l'appel, quoi ne jamais dire. Un pré-vol pour le premier appel.
Ce qu'une équipe de FDD demande en semaine un d'une Série A : reconnaissance du revenu, comptabilité des subventions, capex, réconciliations.
Les clauses que les fondateurs optimisent, et celles qu'ils regrettent six mois plus tard : préférences de liquidation, anti-dilution, contrôle du board, pro-rata.
48 termes de levée de fonds, chacun lu avec les yeux d’un fondateur canadien : définition exacte, angle Canada, exemple chiffré.
La protection anti-dilution ajuste le taux auquel le préféré convertit en common quand la société vend plus tard des actions sous le prix payé par le préféré. Elle n’arrête pas la dilution liée à l’émission d’actions nouvelles, que gouverne l’arithmétique ordinaire du pro rata ; elle compense spécifiquement la dilution par le prix, la perte de valeur d’un tour moins cher.
Le mécanisme est le prix de conversion. Le préféré convertit en common à un ratio de prix d’origine sur prix de conversion ; abaisser le prix de conversion augmente le nombre d’actions common reçues. Le full ratchet réajuste le prix de conversion au prix du nouveau tour, quel que soit le petit nombre d’actions vendues à ce tour, comme si l’investisseur protégé avait investi au prix plus bas depuis le début. Le weighted average ajuste partiellement, en pondérant l’ancien prix et le nouveau par les tailles relatives de la capitalisation existante et de l’émission bon marché ; la variante broad-based compte la capitalisation fully diluted dans ce mélange, ce qui adoucit l’ajustement, et c’est le standard.
Les exclusions comptent : les attributions du pool d’options, la conversion des instruments existants et les émissions similaires sont habituellement exemptées, pour que les opérations courantes ne déclenchent pas la clause. Comme chaque action as-converted supplémentaire du préféré protégé sort de la common, les fondateurs absorbent à la fois le down round et l’ajustement ; ce double coup explique pourquoi la forme de cette clause mérite un temps de négociation que les fondateurs dépensent d’ordinaire ailleurs.
Les tours canadiens sont en général plus petits en dollars canadiens que leurs comparables américains : un down round après un seed ambitieux est un scénario réel, pas un risque de queue. Les documents modèles de la CVCA, point de départ de la plupart des tours pricés au Canada, retiennent le weighted average broad-based par défaut, et c'est la version à tenir. Le full ratchet ressort surtout quand un fonds américain mène la Série A ou B sur sa propre documentation, parfois avec une demande de flip vers une entité du Delaware : deux points à négocier, pas des défauts à accepter. Comme les remboursements SR&ED et les contributions PARI CNRC allongent le runway sans toucher la cap table, un fondateur canadien a souvent plus de marge qu'un pair américain pour refuser une anti-dilution agressive.
Un investisseur a payé 2 000 000 $ CA à 2,00 $ l'action, soit 1 000 000 d'actions préférées. Un down round price ensuite l'action à 1,00 $. Full ratchet : le prix de conversion se réajuste à 1,00 $ et le préféré convertit désormais en 2 000 000 de common, doublant les actions as-converted de cet investisseur aux dépens des fondateurs. Weighted average broad-based : le prix de conversion ne descend qu'en partie, au prorata de la taille du tour bon marché rapporté à l'ensemble de la capitalisation, et atterrit entre 1,00 $ et 2,00 $. Chiffré : avec 10 000 000 d'actions déjà en circulation et un down round levant 1 000 000 $ à 1,00 $ (1 000 000 d'actions nouvelles), la formule broad-based réajuste le prix de conversion à 2,00 $ × (10 000 000 + 500 000) / (10 000 000 + 1 000 000), soit environ 1,91 $, à peine bougé, là où le full ratchet l'a écrasé à 1,00 $.
Le backlog et le pipeline répondent à deux questions différentes. Le backlog est la valeur du travail contracté mais non encore livré ni reconnu : signé, financé, dû à la société. Le pipeline est la valeur des opportunités encore poursuivies et pas encore gagnées. Le backlog est une quasi-certitude (sous réserve de livraison et de clauses d’annulation) ; le pipeline est un espoir pondéré par une probabilité. Les traiter comme un seul chiffre est la surestimation de revenu la plus courante que corrige la diligence.
La présentation propre les garde en colonnes séparées et qualifie chacune. Le backlog : valeur du contrat, calendrier de livraison attendu, clauses d’annulation et d’acceptation, et si le financement du client est en place. Le pipeline : étagé par probabilité (qualifié, proposition, accord verbal, etc.), avec une hypothèse de conversion mixte et un âge honnête (un deal qui stagne en « proposition » depuis un an n’est pas vraiment du pipeline). Les questions de qualité sont celles de la quality of revenue : quelle concentration du backlog sur un seul client, les contrats sont-ils résiliables pour convenance, et l’hypothèse de conversion du pipeline colle-t-elle à l’historique de la société.
Pour une société deeptech, le piège est double. Une bonne partie de ce qu’on appelle backlog est en réalité conditionnel : pilotes qui ne convertissent que si un jalon est atteint, contrats suspendus à l’arrivée d’une subvention, commandes avec de longues portes d’acceptation. Et une bonne partie du pipeline est de l’intérêt non commercial (collaborations de recherche) mal étiqueté en ventes. Le fondateur crédible présente un backlog petit et propre, un pipeline étagé de façon réaliste, et les conditions de déclenchement des deux, plutôt qu’un chiffre unique que la diligence décomposera aussitôt.
Une société tech canadienne vend sur un marché domestique étroit : le pipeline se remplit tôt d'opportunités américaines et internationales, et une partie de ce qu'on étiquette backlog est souvent des pilotes gouvernementaux ou des projets subventionnés plutôt que des contrats commerciaux. Les équipes de diligence, y compris les fonds américains qui arrivent en Série A ou B, sépareront le backlog signé et financé du pipeline pondéré, et reclasseront le travail appuyé par PARI CNRC en financement non dilutif plutôt qu'en demande. Mieux vaut présenter la ventilation en dollars canadiens et signaler à part les contrats en USD, car le risque de change modifie ce que vaut le backlog. Un backlog petit et propre, dit franchement, se lit mieux qu'un chiffre unique gonflé.
Une société montre « 8 M$ CA d'opportunité ». À ventiler honnêtement : 1,2 M$ sont des contrats signés et financés non encore livrés (backlog), 6,8 M$ sont du pipeline non converti. En pondérant le pipeline à un taux de closing mixte par étape de 20 %, on ajoute environ 1,4 M$ de valeur attendue, donc le chiffre défendable à court terme est d'environ 1,2 M$ engagés plus 1,4 M$ ajustés du risque, soit environ 2,6 M$, pas 8 M$.
Un bridge round est un financement levé entre deux tours pricés pour prolonger le runway jusqu’à un événement censé améliorer le prix : un jalon technique, une preuve commerciale, un meilleur marché. Il se structure en général en convertibles (SAFE ou notes) plutôt qu’en equity pricée, le plus souvent auprès des investisseurs déjà présents, à des conditions ancrées sur le dernier tour (même plafond, ou une décote modeste sur le prochain tour).
L’instrument est neutre ; la raison est tout. Un bon bridge est un dossier d’investissement : le jalon est nommé, le montant est dimensionné pour l’atteindre avec de la marge, et les insiders qui l’écrivent savent dire pourquoi ce jalon change le prix du prochain tour. Un bridge défensif, de l’argent pour repousser une conversation difficile, ressort dans la diligence suivante pour exactement cela, et empile un plafond de plus sur la pile de convertibles que la Série A devra digérer.
Le signal joue dans les deux sens. Des insiders qui bridgent au plafond précédent se lit comme de la conviction si l’histoire du jalon tient, et comme une décote silencieuse sinon ; des externes qui rejoignent un bridge le renforcent. La comparaison honnête à faire avant de bridger : face à un tour pricé plus petit, à une valorisation plus basse aujourd’hui, quel chemin atteint la preuve créatrice de valeur avec le moins de dilution totale et la gouvernance la plus propre ? Parfois, le down round est le bridge le moins cher.
Les bridges sont courants au Canada parce que les tours sont plus petits en dollars canadiens et que les grands fonds domestiques sont peu nombreux : une société qui manque la fenêtre d'un tour mené depuis les États-Unis bridge souvent avec ses investisseurs existants, dont beaucoup de fonds ancrés par des LPs adossés au gouvernement comme BDC Capital. La discipline reste la même : un bridge doit acheter un jalon nommé, pas du temps. Avant de bridger, une SPCC devrait compter sa couche non dilutive, le remboursement SR&ED qu'elle encaissera réellement et toute contribution NRC PARI, qui ensemble peuvent réduire ou remplacer le bridge. Et si le prochain tour doit être mené depuis les États-Unis, en USD et peut-être après un flip vers le Delaware, les termes du bridge ne doivent pas créer une mécanique de conversion qui contrarie cette issue.
Un bridge insider de 750 000 $ CA en SAFE au plafond du dernier tour finance une société qui brûle 83 000 $ par mois pendant neuf mois (750 000 / 83 000 ≈ 9). Dimensionné contre la roadmap, cela couvre le jalon démonstrateur prévu au mois sept, plus deux mois pour boucler la levée suivante sur ce résultat.
Le burn multiple, popularisé par David Sacks, mesure l’efficience capitalistique de la croissance : le burn net sur une période divisé par l’ARR net nouveau ajouté sur cette même période. Un multiple de 1 signifie que la société a brûlé un dollar pour ajouter un dollar de revenu récurrent ; sur l’échelle de Sacks, sous 1x c’est exceptionnel, 1 à 1,5x excellent, 1,5 à 2x bon, 2 à 3x suspect, au-dessus de 3x mauvais, et le ratio grimpe brutalement quand une société cale. Son intérêt est de capter en un seul chiffre si la croissance s’achète cher ou bon marché.
La réserve structurelle pour le deeptech est que la métrique n’est définie que s’il y a du revenu récurrent à mettre au dénominateur. Une société de robotique pré-revenu a un ARR net nouveau de zéro, donc le burn multiple est soit infini, soit indéfini ; le calculer ne veut rien dire, et habiller le burn en multiple contre un filet de NRE ou de revenu de pilote est pire que de ne rien reporter. La métrique appartient à la phase post-traction, une fois qu’existe une ligne de revenu reproductible.
Le substitut pré-revenu honnête est d’exprimer l’efficience contre des jalons plutôt que contre du revenu : combien de capital pour atteindre la prochaine preuve qui reprice la société (un démonstrateur, une autorisation réglementaire, un système qualifié). Ce chiffre est le cousin deeptech de l’efficience du capital, il laisse un board comparer le prévu et le réel par unité de dérisquage, et il prépare un usage correct du burn multiple le jour où le revenu récurrent finit par arriver. Reporter le coût par jalon en pré-revenu et le burn multiple en post-revenu est la séquence crédible ; forcer le multiple trop tôt trahit des métriques choisies pour flatter plutôt que pour informer.
Pour une société SaaS canadienne, le burn multiple se calcule dans une seule devise : un revenu facturé en USD contre des coûts payés en dollars canadiens flatte ou punit le ratio au gré du change, donc on choisit une convention et on l'affiche. Les sociétés deeptech canadiennes, en robotique, biotech ou cleantech, restent pré-revenu plus longtemps, donc le substitut du coût par jalon s'applique sur une plus grande partie de leur vie. Les remboursements SR&ED et les contributions PARI CNRC réduisent le burn net et donc le multiple : montrez la métrique avec et sans ce soutien non dilutif, parce que les fonds américains qui arrivent en Série A ou B le retireront pour vous comparer à leur propre portefeuille.
Après le premier revenu : une société brûle 3 000 000 $ CA net sur un an et ajoute 2 000 000 $ d'ARR net nouveau. Burn multiple = 3 000 000 / 2 000 000 = 1,5x (la frontière entre excellent et bon sur l'échelle de Sacks). Pré-revenu, l'ARR net nouveau est de 0, le ratio divise par zéro et ne veut rien dire : le bon chiffre est, par exemple, « 4 M$ pour atteindre le jalon démonstrateur », pas un burn multiple.
Le burn rate mesure la consommation de cash par mois, en deux saveurs à ne jamais confondre dans la même phrase. Le burn brut, c’est tout le cash qui sort : salaires, loyer, équipement, services. Le burn net soustrait le cash qui entre de façon fiable (tranches de subvention, remboursements de crédit d’impôt une fois reçus, premier revenu), et c’est le chiffre qui se divise dans le cash pour donner le runway. Une société qui écrit « burn » sans l’adjectif dans un document de board crée exactement l’ambiguïté que la diligence existe pour attraper.
Bien lire le burn suppose de le normaliser. Les éléments one-off (un achat d’équipement, une facture juridique, une prime d’assurance annuelle) vont sur une ligne à part, pas dans le run rate mensuel ; un fondateur qui laisse l’achat d’un banc d’essai robotique dans le burn de mars affiche un pic de 2x qui ne veut rien dire. La présentation utile est un burn en run rate, les one-offs signalés à part, suivi sur plusieurs trimestres.
La discipline de gestion est l’étagement : quels coûts sont engagés (baux, préavis), lesquels sont pilotables dans le trimestre, lesquels sont discrétionnaires aujourd’hui. Cet étagement est ce qui transforme un scénario baissier d’un exercice de tableur en un plan exécutable, et c’est la première question qu’un board sérieux pose quand un jalon se déplace.
Pour une SPCC, le crédit SR&ED remboursable et les contributions PARI CNRC sont une composante structurelle du burn net, mais les deux arrivent avec un décalage : le couru et le reçu sont deux chiffres distincts, et seul le cash reçu est du runway. Gardez le modèle de burn en dollars canadiens même quand le revenu ou une term sheet est libellé en USD, et montrez l'exposition de change sur sa propre ligne plutôt que de la laisser brouiller la tendance. Les tours canadiens sont plus petits en moyenne, donc le même burn mensuel achète moins de mois entre deux tours qu'une comparaison américaine ne le suggère ; les investisseurs d'ici lisent le burn au regard de la progression des jalons avec cette contrainte en tête.
Le burn brut est de 200 000 $ CA par mois. Une tranche de subvention mensuelle de 40 000 $ et 10 000 $ de pilote payé ramènent le burn net à 150 000 $ (200 000 - 40 000 - 10 000). Le remboursement SR&ED couru cette année mais reçu l'an prochain améliore les comptes annuels, pas le runway de ce trimestre ; le compter comme du cash courant, c'est la façon polie dont les modèles de runway mentent.
La clause most favored nation (MFN) est une promesse contractuelle de non-discrimination : si la société émet plus tard un instrument convertible à des conditions plus favorables à l’investisseur (plafond plus bas, décote, intérêt), le porteur MFN peut choisir d’amender son propre instrument vers ces conditions. La clause vit typiquement dans les SAFE sans plafond, où elle remplace le pricing : l’investisseur accepte de ne pas avoir de plafond aujourd’hui en échange du droit d’hériter du meilleur deal que le marché extraira plus tard. Y Combinator publie un SAFE MFN sans plafond standard pour exactement cet usage.
Mécaniquement, le droit ne joue en général qu’une fois et expire à la conversion : une fois le SAFE converti à un tour pricé, la MFN ne s’étend plus vers l’avant. Elle ne porte aussi que sur des instruments comparables, les convertibles ultérieurs, pas sur le tour pricé lui-même.
Pour le fondateur, la MFN est invisible jusqu’à ce qu’elle coûte cher. La clause transforme le convertible le moins bien pricé de la pile en prix effectif de chaque instrument MFN signé avant lui. La discipline est comptable : tenir un registre du plafond, de la décote et du statut MFN de chaque instrument en cours, et avant de signer quoi que ce soit de moins cher que la pile, recalculer l’issue fully diluted comme si chaque porteur MFN adoptait les nouvelles conditions, parce qu’il le fera.
Les tours pre-seed canadiens s'assemblent souvent chèque par chèque sur plusieurs mois, en mêlant des anges locaux sur des documents de style CVCA et des investisseurs américains sur le SAFE de Y Combinator, parfois en USD, si bien que l'exposition MFN s'accumule en silence dans une pile hétérogène. Le piège se déclenche en période difficile : un SAFE de pont signé à un plafond bas reprice rétroactivement chaque instrument MFN en amont, et démultiplie la dilution d'un mauvais moment. Comme les tours canadiens portent sur des montants plus petits, quelques points de conversion imprévus pèsent davantage sur la propriété des fondateurs que dans un tour américain plus large. Avant d'accepter un plafond plus bas que tout ce qui est en cours, mieux vaut repérer les instruments MFN et calculer la cascade d'abord.
Un business angel signe un SAFE MFN, sans plafond ni décote, de 200 000 $ CA au jour un. 9 mois plus tard, à court de runway avant un jalon, la société signe un nouveau SAFE à 6 000 000 $ post-money. La clause MFN laisse l'angel adopter ces conditions : les 200 000 $ convertissent désormais comme plafonnés à 6 000 000 $, soit 200 000 / 6 000 000 = 3,33 % promis à la conversion, là où l'instrument sans plafond ne promettait qu'une conversion au prix du tour futur.
Le corporate venture capital est l’investissement de venture mené par le bras dédié d’une entreprise opérationnelle, IBM, un industriel de la défense, un fabricant de puces, un télécom, plutôt que par un fonds indépendant. Les CVC investissent pour un mélange de retour financier et stratégique : la maison mère veut une exposition à une technologie qui compte pour son activité, une fenêtre sur l’innovation, un futur fournisseur, partenaire ou acquisition possible. Ce double motif est ce qui distingue le CVC d’un VC purement financier, et il tranche dans les deux sens.
L’upside pour une société deeptech peut être substantiel. Les CVC ont souvent des bilans plus profonds et plus patients que les VC contraints par leur fonds, ils amènent des gens techniques qui peuvent réellement valider la science, et le corporate peut devenir un design partner, un premier client, ou à terme l’acquéreur. Pour une société deeptech dont les acheteurs naturels sont une poignée de grandes plateformes, un CVC à la cap table peut être un vrai actif stratégique.
Les risques sont spécifiques et méritent d’être pricés. Le signal : un investissement d’un corporate peut rendre ses concurrents réticents à s’engager, rétrécissant l’ensemble futur de clients et d’acquéreurs, l’inverse de ce qu’une startup veut. L’information et l’IP : un investisseur stratégique obtient un regard rapproché sur la roadmap et la technologie, ce qui est sensible quand la maison mère pourrait construire ou racheter un concurrent. L’alignement et la durabilité : les mandats et les champions de CVC changent avec les réorganisations et les virages de stratégie corporate, donc le partenaire stratégique patient de cette année peut s’éteindre l’an prochain. Et les conditions : certains CVC cherchent des droits (droit de premier refus sur une acquisition, exclusivité, influence au board) qui contraignent les options de la société. La discipline est de comprendre la thèse stratégique derrière le chèque, de négocier le retrait des droits les plus contraignants, et de traiter l’upside stratégique comme un bonus plutôt que comme la base du plan.
Le Canada compte peu de grands fonds domestiques, donc l'argent corporate, venu des banques, des télécoms, des industriels et des bras de venture de stratégiques étrangers, comble de vrais trous, surtout entre le seed et le moment où les fonds américains arrivent en Série A ou B. Une grande partie du paysage domestique est ancrée par des LPs adossés au gouvernement comme BDC Capital, ce qui rend courant le syndicat composé d'un fonds indépendant et d'un CVC. Les risques sont les risques habituels, aiguisés par la taille du marché : avec moins d'acquéreurs domestiques potentiels, un droit de premier refus accordé à un corporate rétrécit une liste déjà courte. Si le CVC est américain, attendez-vous à des termes en USD et parfois à une pression vers un flip au Delaware ; les deux se négocient et se chiffrent avant signature.
La data room est l’ensemble documentaire derrière une levée, aujourd’hui un dossier cloud structuré avec journalisation des accès plutôt qu’une salle physique. Ses sections canoniques : corporate (incorporation, statuts, procès-verbaux du board, financements antérieurs), equity (cap table, chaque SAFE et contrat d’options), IP (cessions, brevets et demandes, licences), finance (états financiers, modèle, conventions de subvention), commercial (contrats, lettres d’intention, preuves de pipeline), équipe (contrats de travail et de cession d’IP, recrutements clés) et la documentation technique adaptée au stade.
Le staging est légitime et attendu. Une data room de premier rendez-vous peut se limiter au deck, à une cap table résumée et aux chiffres clés ; la data room complète s’ouvre à la term sheet. Ce qui n’est pas légitime, c’est l’incohérence : deux documents qui divergent sur le nombre d’actions, un modèle périmé à côté d’un deck plus récent, un dossier « final » qui en contient trois. Les analystes de diligence sont entraînés à lire l’hygiène de version comme l’hygiène de gestion.
La discipline de travail tient à maintenir la data room en continu plutôt qu’à l’assembler dans la panique de la semaine qui suit une term sheet : chaque nouveau contrat, subvention ou décision du board se classe dans sa section à la signature, daté. Le coût marginal se compte en minutes par semaine ; l’alternative coûte des semaines de retard de diligence, au moment précis où le levier décroît.
Une data room canadienne porte quelques sections bien à elle : les dossiers de réclamation SR&ED et la correspondance avec l'ARC, les ententes de contribution PARI CNRC avec leurs obligations de reddition de comptes, et le reste de la documentation de subventions, parce que les investisseurs testeront quelle part du runway est non dilutive et sa durabilité. Les documents corporate doivent rendre le statut de SPCC facile à vérifier, puisqu'il conditionne la forme remboursable du SR&ED. Si des fonds américains sont attendus en Série A ou B, gardez la documentation cohérente avec les modèles CVCA et préparez-vous aux questions sur un éventuel flip au Delaware. Un fondateur transfrontalier classe aussi ses contrats en USD là où l'exposition de change est visible plutôt qu'enterrée.
La décote est la plus simple des deux mécaniques de conversion des SAFE et notes. Au prochain tour pricé, le porteur convertit au prix du tour réduit du taux de décote, typiquement 10 à 25 %, 20 % étant le chiffre unique le plus courant. Quand l’instrument porte aussi un valuation cap, l’investisseur convertit au plus bas des deux prix : le prix du tour décoté ou le prix impliqué par le plafond. Les deux conditions sont un plancher et un plafond sur la même prime de risque, et elles ne se cumulent jamais (pas de décote en plus du prix-plafond).
La logique économique est une compensation du risque précoce : la décote donne à l’investisseur précoce un meilleur prix que les investisseurs du tour qui ont attendu plus de preuves. Sa faiblesse est la symétrie. Une décote de 20 % paie la même chose, que le tour pricé boucle dans 8 mois ou dans 3 ans, et que la valeur de la société ait été multipliée ou qu’elle ait simplement survécu. Le plafond existe précisément pour corriger cela : il convertit la patience en propriété quand la société surperforme.
Dans une négociation de term sheet, la décote est rarement le champ de bataille ; les plafonds portent la vraie économie. La discipline du fondateur est simplement de modéliser les deux chemins à la signature : à quel prix de tour la décote mord-elle plutôt que le plafond, et que coûte chaque scénario en propriété fully diluted.
Au Canada, les tours de pre-seed et de seed se font couramment en SAFE ou en note convertible, sur des modèles adaptés des documents standard de la CVCA et de YC : la décote est donc l'une des premières conditions économiques qu'un fondateur signe réellement. Les tours sont plus petits qu'aux États-Unis et libellés en dollars canadiens, ce qui garde le calcul simple mais laisse peu de marge pour céder l'économie de conversion à la légère. Un point à surveiller : si les convertibles sont en CAD et que le lead de Série A est un fonds américain qui price en USD, les documents doivent préciser comment et quand les montants sont convertis, sinon le taux de change déplace silencieusement la valeur. Et si un flip au Delaware précède le tour pricé, vérifiez que les instruments traversent l'opération intacts au lieu d'être rouverts au passage.
Un SAFE porte une décote de 20 % et un plafond de 8 000 000 $ CA post-money. La Série A price l'action à 10,00 $. Prix décoté : 10,00 × (1 − 0,20) = 8,00 $. Si le plafond implique un prix de 6,40 $, l'investisseur convertit à 6,40 $, le plus bas des deux. Sans plafond, la conversion se ferait à 8,00 $ quel que soit le niveau du tour, le scénario qu'une longue attente ne récompense pas.
Un down round est un financement d’equity à un prix par action inférieur au prix du tour précédent. La comparaison porte sur le prix par action, pas sur la valorisation affichée : une société peut lever à une post-money plus haute et pricer quand même à la baisse si le nombre d’actions a grandi via les pools et les conversions.
Les mécaniques directes sont trois. Les clauses d’anti-dilution sur le préféré existant ajustent les prix de conversion à la baisse, en déplaçant de la dilution supplémentaire sur la common. L’argent neuf achète plus de société par dollar, ce qui aggrave cette dilution. Et les options attribuées à l’ancienne juste valeur restent sous l’eau, ce qui est un problème de rétention précisément au moment où la rétention est la plus dure.
Les mécaniques indirectes coûtent souvent plus. Un down round remet à zéro le prix de référence sur lequel s’ancre chaque négociation future, teste les relations investisseurs (pression de pay-to-play, renégociations de board l’accompagnent fréquemment), et se lit comme un signal pour les salariés, les clients et le prochain fonds, sauf si le récit est maîtrisé : ce qui a été repricé, le marché ou l’exécution, et ce que montre le dossier.
La discipline de décision est de comparer le down round à ses vraies alternatives (bridge, tranche, coupes de coûts qui prolongent le runway jusqu’au jalon) sur un seul axe : quel chemin amène la société à sa prochaine preuve créatrice de valeur au moindre coût total en dilution et au moindre dommage pour ceux qui doivent la construire. Protéger un chiffre affiché n’est pas sur cet axe.
Le Canada compte peu de grands fonds de croissance domestiques, et beaucoup de Séries A et B sont menées depuis les États-Unis ; quand ces investisseurs se retirent, une société canadienne affronte le repricing avec moins d'alternatives locales, même avec des acteurs adossés au gouvernement comme BDC Capital dans le marché. Les documents modèles de la CVCA font du weighted average broad-based la formule d'anti-dilution habituelle : modélisez cet ajustement plutôt que de supposer un full ratchet. Si le dernier tour a été pricé en USD après un flip au Delaware alors que la société dépense en CAD, le seul mouvement de change peut modifier la lecture d'une valorisation restée stable. Un repricing précoce et honnête, expliqué par le dossier, coûte couramment moins cher qu'empiler des bridges pour protéger un chiffre périmé.
La Série A a pricé l'action à 2,00 $ CA. 18 mois plus tard, la Série B boucle à 1,40 $, un prix 30 % plus bas : un down round. L'anti-dilution weighted average broad-based de la Série A abaisse son prix de conversion et émet à ses porteurs plus de common as-converted ; les fondateurs absorbent la dilution du tour moins cher et cet ajustement. Les options salariés dont le prix d'exercice reflète l'ancienne juste valeur, plus haute, restent sous l'eau jusqu'à ce que la valeur se reconstruise.
Un droit de drag-along laisse une majorité d’actionnaires déterminée, lorsqu’elle approuve une vente de la société, contraindre les détenteurs restants à vendre aux mêmes conditions. Son but est de garder un exit exécutable : un acquéreur veut d’ordinaire 100 % de la société, et sans drag une petite minorité pourrait refuser de vendre et bloquer, ou extorquer une prime sur, un deal que la majorité veut. La clause « entraîne » la minorité dans la transaction approuvée.
La mécanique qui compte, ce sont le déclencheur et les protections. Le déclencheur définit l’approbation qui active le drag : souvent une majorité des préférées, ou des préférées et du commun votant ensemble, parfois avec le board et un seuil de commun. Un fondateur gagne à savoir exactement quelle coalition peut l’activer, parce qu’elle détermine qui peut forcer une vente. Les protections pour les détenteurs entraînés sont l’autre moitié : ils gagnent à recevoir le même prix et la même forme de contrepartie que la majorité approbatrice, à ne pas se voir demander de déclarations ou d’indemnités au-delà de leurs propres actions, et idéalement à voir leur responsabilité plafonnée à leur produit de cession. Un drag sans ces protections peut forcer les minoritaires dans un deal à des conditions effectives plus dures.
Pour les fondateurs, le drag-along croise la pile de liquidation preferences d’une façon qui peut piquer. Parce que les préférences se servent d’abord, une vente qui satisfait une pile de préférences profonde peut laisser peu au commun, et un drag peut contraindre les fondateurs et les employés à accepter exactement ce résultat. C’est pourquoi le calcul d’exit gagne à être modélisé quand la clause se négocie, pas à l’exit : un drag raisonnable (déclencheur clair, conditions égales, responsabilité plafonnée) est standard et sain, mais son interaction avec les préférences détermine ce que les gens qui construisent la société reçoivent vraiment le jour où le drag est enfin tiré.
Le drag-along est standard dans les documents modèles de la CVCA, point de départ de la plupart des tours canadiens : la question n'est donc pas de savoir si la clause existe, mais comment elle est calibrée. Les exits canadiens sont plus souvent des acquisitions que des IPO, fréquemment par des acquéreurs américains ou étrangers, et le drag est ce qui garde une telle vente exécutable sur une cap table qui mêle anges, employés, fonds locaux et investisseurs adossés au gouvernement. Surveiller le déclencheur (quelles classes votent, à quel seuil) et les protections des entraînés (même prix et mêmes conditions, pas de déclarations au-delà de leurs propres actions, responsabilité plafonnée au produit de cession). Une vente forcée d'actions d'une SPCC peut aussi avoir des conséquences fiscales très différentes pour les fondateurs et les employés que pour les fonds, un point à cartographier avec un fiscaliste quand la clause se négocie, pas quand elle se déclenche.
Un droit de pro rata permet à un investisseur existant de participer à un financement futur à hauteur du montant qui préserve son pourcentage de propriété. C’est un droit d’acheter, jamais une obligation : l’investisseur peut exercer en totalité, en partie, ou pas du tout. Sur de l’equity pricée, le droit fait souvent partie du package préféré standard (parfois via des droits de préemption légaux) ; sur les SAFE et notes, il arrive généralement par side letter, puisque les instruments de base ne portent aucun droit de ce type par défaut.
L’économie tranche dans les deux sens. Pour l’investisseur, le pro rata est la façon dont un fonds concentre du capital sur ses gagnants ; pour la société, chaque allocation réservée est une part du prochain tour que le nouveau lead ne peut pas avoir. Les leads pricent les tours en visant une propriété cible ; quand les droits des insiders consomment trop de la levée, quelque chose cède : le tour grossit, la cible du lead baisse, ou quelqu’un renonce.
Le travail du fondateur est un registre propre : qui détient du pro rata, sur quelle base il se calcule (le fully diluted est le dénominateur honnête), et ce que la créance agrégée représente face au prochain tour planifié. Les renonciations se négocient, et bien plus facilement avant une term sheet qu’en face du lead qui vient de découvrir que le tour est sur-alloué.
Les tours de seed canadiens sont en général plus petits qu'aux États-Unis, et les side letters de pro rata s'y distribuent tout aussi généreusement, donc la créance agrégée des insiders entre en collision plus vite avec la propriété que vise un lead de Série A. Ce lead est souvent un fonds américain qui attend sa participation cible habituelle, et découvrir un tour sur-alloué en pleine négociation est une mauvaise façon de le rencontrer. Sur une pile de SAFE, le droit vit d'ordinaire dans des side letters plutôt que dans l'instrument lui-même, et le registre se perd facilement de vue. Un insider qui exerce, y compris les fonds à capitaux publics présents dans beaucoup de syndicats canadiens, reste l'un des signaux les plus propres que lit un nouveau lead : les mieux informés remettent au pot.
Un investisseur détient 10 % de la société en fully diluted. La Série A émet 2 000 000 d'actions nouvelles. Le pro rata lui donne le droit d'acheter 10 % de cette émission, soit 200 000 actions, au prix du tour. Les acheter le maintient à 10 % après le tour ; renoncer laisse la participation se diluer selon l'arithmétique normale d'une émission nouvelle (10 % × ancien nombre d'actions / nouveau nombre), en supposant que ces 2 000 000 d'actions sont la seule émission. Se maintenir à 10 % suppose aussi de couvrir le top-up du pool d'options du tour : acheter 10 % des seules actions pricées laisse l'investisseur en deçà, parce que le nouveau pool le dilue comme il dilue les fondateurs.
Le financement à double usage soutient des technologies utiles à la fois à des fins civiles et de défense ou de sécurité. Une large part de la deeptech se place en plein dans cette catégorie, robotique autonome, IA embarquée, systèmes satellitaires et spatiaux, capteurs avancés, certains pans de la biotech, si bien que les agences de défense et les programmes orientés sécurité sont une source significative d’argent non dilutif pour les sociétés deeptech. Ce vivier est souvent profond et patient, finançant une recherche à long horizon que les marchés civils ne sont pas encore prêts à payer, ce qui convient bien au calendrier deeptech.
L’arbitrage est un jeu de ficelles plus lourd que n’en porte une subvention civile. Accepter du financement de défense ou à double usage peut déclencher des obligations de contrôle export, la technologie peut être classifiée sous des régimes qui restreignent où elle peut être vendue et à qui ; des contraintes sur la propriété et le personnel, certains programmes limitent la propriété, le contrôle ou l’influence étrangers et restreignent qui peut travailler sur l’effort financé ; et des droits de l’État dans la propriété intellectuelle résultante, qui peuvent inclure des licences d’usage étatique ou des droits d’intervention (les États-Unis les appellent march-in rights ; le mécanisme exact varie selon la juridiction). Chacun de ces points peut ensuite interagir avec une levée (un lead étranger peut être compliqué par les règles de propriété) ou une acquisition transfrontalière (une IP sous contrôle export peut réduire l’ensemble des acquéreurs éligibles).
Pour un opérateur, la discipline est d’y aller les yeux ouverts : cartographier les obligations avant de signer, pas après. Les questions sont quel régime de contrôle export s’applique, quelles restrictions de propriété et de recrutement s’attachent, et quels droits le financeur prend dans l’IP. Le financement à double usage est réellement précieux, souvent le foyer naturel des travaux deeptech précoces, mais il façonne l’optionalité future de la société d’une manière qu’une simple subvention civile ne fait pas, et ces contraintes ont leur place dans la data room et dans le plan stratégique, pas comme une surprise découverte pendant la diligence du prochain tour.
Pour un fondateur deeptech canadien, l'argent à double usage est une option réelle : des programmes comme IDEaS, côté défense et sécurité du gouvernement fédéral, financent le développement technologique précoce sans prendre d'equity, aux côtés de PARI CNRC et de SR&ED dans la pile non dilutive qui porte bien des sociétés entre les tours. Les ficelles méritent attention : les contrôles export canadiens et le régime des marchandises contrôlées peuvent restreindre à qui l'on vend et qui l'on recrute, et ces contraintes suivent la société dans une levée ou une acquisition transfrontalière. Si un lead américain pousse plus tard un flip au Delaware, les obligations attachées au financement de défense et à l'IP contrôlée doivent être cartographiées avant la restructuration, pas découvertes pendant la diligence du tour suivant.
La due diligence est la phase de vérification d’un investissement : la période, le plus souvent entre term sheet et closing, où l’investisseur teste ce que le pitch a affirmé ; un lead deeptech sérieux avance d’ailleurs le workstream technique avant même de pricer. Les workstreams standards sont le corporate et le juridique (incorporation, contrats, litiges, propriété de l’IP), le financier (comptes, modèle de runway, cap table), le commercial (marché, clients ou lettres d’intention), l’équipe (références, parcours) et, en deeptech, la diligence technique avec des experts du domaine.
Deux catégories de findings comptent différemment. Les findings confirmatoires ajustent un détail : un contrat à amender, un chiffre à retraiter. Les red flags repricent ou tuent : une IP qui n’est pas réellement cédée à la société, un passif non déclaré, un résultat annoncé qui ne se reproduit pas, une cap table qui ne réconcilie pas. La plupart des échecs de diligence tiennent à des surprises, pas à des faiblesses ; une faiblesse révélée tôt avec un plan se lit comme de la maturité, la même faiblesse découverte en semaine 5 se lit comme de la dissimulation.
La diligence joue dans les deux sens. Le fondateur est en droit de demander des références sur le fonds : son comportement lors de son dernier down round, l’existence de réserves pour les follow-on, la personnalité de ses administrateurs sous tension. L’investisseur qui s’agace d’une diligence inverse y répond déjà.
Pour une société canadienne, la diligence comporte des dossiers locaux prévisibles : l'historique des réclamations SR&ED et les conventions de subvention, PARI CNRC ou autres, seront lus de près, à la fois comme élément de trésorerie et pour les obligations qu'ils rattachent. Quand un fonds américain mène la Série A ou B, attendez-vous à un workstream juridique transfrontalier : statut SPCC, documents de type CVCA déjà en place, et la question d'un flip au Delaware comme condition du deal. En deeptech s'ajoutent la diligence technique par des experts externes et la chaîne d'IP universitaire. Préparer les registres corporatifs, les cessions d'IP et la cap table avant la term sheet est ce qui permet au fondateur de contrôler le calendrier au lieu de le subir.
Un follow-on est un investissement additionnel d’un actionnaire déjà présent dans un tour de financement ultérieur. Les fonds le planifient : à côté du capital qu’ils déploient en premiers chèques, ils gardent des réserves pour resoutenir leurs gagnants aux tours suivants, et une part significative des retours d’un bon fonds vient de la concentration du capital sur les sociétés qui marchent. Pour une société qui lève à répétition, le comportement de follow-on de ses investisseurs existants est une caractéristique structurelle de la cap table, pas une arrière-pensée.
La valeur de signal est forte dans les deux sens. Quand les investisseurs existants suivent, surtout les insiders les plus proches de la société, cela dit à un nouveau lead potentiel que les mieux informés choisissent d’en remettre, ce qui dérisque le deal et ancre souvent le tour. Quand les insiders s’abstiennent de façon visible, le nouveau lead le lit comme un avertissement : soit l’argent informé voit un problème, soit les fonds existants manquent de réserves, et dans les deux cas le tour devient plus dur et le prix implicite plus mou. C’est pourquoi un follow-on d’insider peut valoir plus que son montant en dollars.
Côté fondateurs, le mouvement pratique est de traiter les réserves comme un point de diligence sur le fonds, posé tôt et poliment : combien le fonds réserve-t-il d’ordinaire pour le follow-on, dispose-t-il de munitions au stade de la société, et quel est son historique de soutien aux participations à travers les tours plus tardifs et plus durs. Un fonds qui signe un premier chèque solide mais ne peut ou ne veut pas suivre laisse un trou à combler par de nouveaux investisseurs aux moments précis où ce trou est le plus dur à combler. Cartographier quels investisseurs, existants et potentiels, ont les réserves et l’appétit pour suivre fait partie de la planification d’un financement deeptech multi-tours, pas seulement du prochain tour.
Le marché canadien compte peu de grands fonds domestiques : la profondeur des réserves varie beaucoup, et bien des sociétés comptent sur l'arrivée de fonds américains en Série A ou B pour combler l'écart. Le follow-on d'insider est d'autant plus scruté ici : un lead transfrontalier potentiel regardera si les fonds seed locaux et les investisseurs adossés au gouvernement comme BDC Capital, déjà à la cap table, remettent au pot. Les tours étant plus petits en dollars canadiens, un fonds sans vraies réserves épuise sa capacité de soutien plus vite que sa marque ne le suggère. Demander, avant de prendre l'argent, combien un fonds réserve pour le follow-on et s'il peut suivre un prochain tour libellé en USD est une diligence inversée qui paie 2 tours plus tard.
La liberté d’exploitation est la capacité à fabriquer, utiliser et vendre un produit sans contrefaire les droits de propriété intellectuelle valides d’autrui. Elle est distincte de la possession d’IP : une société peut détenir un brevet solide sur sa propre invention et contrefaire malgré tout le brevet d’un tiers sur une technique qu’elle doit utiliser pour livrer. La FTO s’évalue en cherchant, dans le paysage de brevets pertinent, les claims qui se lisent sur le produit visé, puis en les levant par contournement, par licence, ou en se forgeant la conviction que les claims sont invalides ou ne s’appliquent pas.
En deeptech à forte composante matérielle, le risque est rehaussé parce que le paysage de brevets est à la fois dense et fondamental. De grands acteurs établis et des institutions de recherche ont passé des décennies à déposer sur les architectures de dispositifs, les matériaux, les méthodes de contrôle, les algorithmes et la fabrication, donc l’approche cœur d’une startup peut se trouver tout près de claims existants, ou en plein dedans. Le danger est asymétrique : le moment pour découvrir un problème de contrefaçon est avant la mise à l’échelle, pas une fois le produit sur le marché et l’acteur établi muni à la fois du brevet et des avocats.
Pour un investisseur, la FTO est une ligne de diligence à part entière, pas une note de bas de page à « nous avons des brevets ». Les questions : une analyse de liberté d’exploitation a-t-elle été menée, par un conseil compétent, et qu’a-t-elle fait remonter ; les brevets bloquants sont-ils licenciés, contournés, ou réellement absents ; et quelle est l’exposition de la société aux grands détenteurs de portefeuilles dans son domaine. Une position FTO propre et documentée est un vrai actif en deeptech ; son absence est un passif latent qui peut surgir au pire moment possible, en général quand la société est enfin assez grosse pour valoir un procès.
Beaucoup de deeptechs canadiennes naissent en spin-out universitaire, et la question d'IP est double : la licence ou la cession de l'institution est-elle propre, et le produit peut-il être vendu sans croiser des brevets de tiers, ce qui est la FTO proprement dite. Le marché commercial de la plupart des deeptechs canadiennes étant les États-Unis, l'analyse doit couvrir les brevets américains, pas seulement les dépôts canadiens. Les fonds américains qui arrivent en Série A ou B commandent couramment leur propre lecture FTO : une analyse documentée, avec les brevets bloquants licenciés ou contournés, raccourcit la diligence et protège le prix. Une opinion FTO est aussi une pièce ordinaire de la diligence d'un acquéreur transfrontalier ; le dossier construit maintenant resservira à l'exit.
Une société deeptech full-stack construit le système entier, du matériel cœur jusqu’à l’électronique de contrôle, au logiciel et aux applications, en visant à livrer un produit complet : un robot, une plateforme satellitaire, un instrument fini. Une société de technologie habilitante construit une couche de la pile (capteurs, actionneurs, systèmes de contrôle, lasers et photonique, logiciel spécialisé, fabrication) et la vend à d’autres, souvent aux full-stack eux-mêmes. Le choix façonne tout l’aval : intensité capitalistique, délai jusqu’au revenu, base de clients, dynamique concurrentielle et type d’acquéreur qui rachètera la société au bout du compte.
Les arbitrages sont presque opposés. Le full-stack capte la plus grande valeur potentielle et contrôle son destin, mais porte le burn le plus lourd et le risque le plus binaire : le succès exige que chaque couche fonctionne et que l’intégration tienne. La technologie habilitante, la position pelles-et-pioches, a un marché de court terme plus clair (chaque effort full-stack est un client potentiel), un upside individuel plus petit, et un risque moins en tout-ou-rien, mais vit avec la menace qu’une grande plateforme intègre verticalement la couche et fasse disparaître le marché du jour au lendemain.
Pour un investisseur, le terme force trois vérifications. D’abord, quelle couche la société occupe-t-elle vraiment, parce que « full-stack » est un claim populaire et qu’une société qui achète l’essentiel de sa pile à d’autres est en réalité un intégrateur. Ensuite, le modèle d’affaires colle-t-il à la position : les habilitants se jugent sur le revenu de court terme et les design wins, les full-stack sur les jalons et l’efficience du capital vers un système fonctionnel. Enfin, qu’est-ce qui protège la position si les plus gros acteurs bougent, ce qui, pour les habilitants, tient à l’IP et aux coûts de migration, et pour les full-stack au savoir-faire d’intégration et à la liberté d’exploitation. Nommer honnêtement sa position est le premier pas vers un plan défendable.
Au Canada, ce choix de positionnement interagit directement avec le capital qu'on peut raisonnablement lever chez soi : les tours sont plus petits en dollars canadiens et les grands fonds domestiques sont rares, donc un plan full-stack en hardware implique généralement de courtiser des investisseurs américains dès la Série A ou B, souvent avec un flip au Delaware sur la table. La position habilitante colle bien à la pile de financement canadienne : un revenu plus précoce, plus le crédit SR&ED remboursable pour une SPCC et le soutien de PARI CNRC, peut étirer le runway entre des tours plus petits. Quelle que soit la position revendiquée, la diligence testera que la société occupe vraiment cette couche et que le moat survit si une grande plateforme absorbe la couche.
La capitalisation fully diluted compte chaque action qui existe plus chaque action qui pourrait exister sous des instruments déjà promis : options attribuées, pool d’options non émis, BSA et warrants, convertibles (SAFE, notes) à leur conversion supposée. Elle répond à la seule question qui compte pour la propriété : si tout ce qui est en cours devenait de la common aujourd’hui, quelle fraction aurait chaque détenteur ?
La convention a des subtilités qui valent d’être connues. Le pool non émis est normalement inclus, ce qui sous-estime légèrement le pourcentage de chacun par rapport à ce qui existe aujourd’hui mais énonce correctement le futur post-grant. Les convertibles exigent une hypothèse (la conversion au plafond est le standard de planification) ; une table fully diluted devrait dire quelle hypothèse elle retient. Les instruments expirés ou abandonnés sortent du compte ; les options et BSA hors de la monnaie, eux, y restent tant qu’ils sont en circulation (la moneyness compte pour la dilution comptable, pas pour la cap table).
Le prix par action d’un tour se fixe sur ce dénominateur : pré-money divisée par les actions fully diluted avant l’argent neuf, en incluant l’augmentation de pool du tour et les instruments en conversion. Cette mécanique unique explique pourquoi la définition du fully diluted se négocie en term sheet, et pourquoi un pool surdimensionné ou une pile de SAFE non modélisée abaisse en silence le prix que paie l’investisseur. La protection du fondateur est sans gloire : tenir une cap table où chaque pourcentage est fully diluted, garder les hypothèses de conversion écrites, et ne jamais laisser deux documents d’une même data room se contredire sur le dénominateur.
Les tours seed canadiens sont souvent plus petits en dollars canadiens que leurs équivalents américains, si bien qu'une pile de SAFE et une rallonge de pool d'options déplacent proportionnellement plus le compte fully diluted. Les documents modèles de la CVCA, base de travail de la plupart des conseils canadiens, fixent le prix par action sur une base fully diluted incluant l'augmentation du pool : le dénominateur est un terme négocié, pas une formalité. Si un fonds américain mène votre Série A, attendez-vous à une term sheet en USD et parfois à un flip au Delaware ; les deux rendent d'autant plus nécessaire une cap table unique, avec des hypothèses de conversion écrites, comme source de vérité. Citez chaque pourcentage de propriété en fully diluted et nommez les hypothèses de conversion des instruments.
La société a 8 000 000 d'actions common en circulation, 1 000 000 d'options attribuées ou réservées dans le pool, et des SAFE qui convertiraient en 1 000 000 d'actions à leurs plafonds. Nombre fully diluted : 10 000 000. Un fondateur détenant 4 000 000 d'actions possède 50 % des actions en circulation mais 40 % en fully diluted, et 40 % est le chiffre qui gouverne ce que coûte vraiment le prochain tour.
La thèse d’un fonds est la stratégie d’investissement pour laquelle il a levé son capital, et son mandat est la frontière plus dure de ce qu’il a vraiment le droit et le devoir de faire. Ensemble, ils définissent la boîte : quels secteurs et technologies, quel stade (pre-seed, seed, Série A, growth), quelles géographies, quelles tailles de chèque et cibles de propriété, et parfois des contraintes plus dures posées par les LP (pas de défense, limites ESG, un fonds de fonds restreint à certaines régions). Un fonds n’investit pas dans de bonnes sociétés ; il investit dans de bonnes sociétés qui rentrent dans sa boîte.
Pour un fondateur, c’est le filtre le plus sous-utilisé de la levée. Une large part des refus ne sont pas des jugements sur la société, ce sont des hors-mandat : mauvais stade, chèque trop petit ou trop gros, géographie que le fonds ne peut pas servir, secteur que le fonds ne touche pas. Lire la thèse avant de pitcher transforme un processus à l’aveugle en un processus ciblé. Le signal le plus fort est un fonds dont le mandat non seulement permet un investissement chez vous mais y pousse, un fonds qui a annoncé un focus deeptech ou logiciel vertical a dit à ses LP qu’il déploierait exactement dans votre espace, et doit trouver des deals pour l’honorer.
Le travail pratique est de qualifier les fonds comme un commercial qualifie ses comptes : confirmer le fit de stade et de chèque, la géographie, le mandat sectoriel, et où le fonds en est dans sa vie (un fonds en milieu de déploiement est plus affamé qu’un fonds pleinement engagé ou en train de lever son prochain véhicule). Cela suppose aussi de lire la thèse honnêtement contre sa propre levée : si vous êtes un seed hardware pré-revenu, l’intérêt d’un fonds growth est en général une réunion d’apprentissage, pas un vrai prospect. Faire coller la levée au mandat est en amont du pitch, et bien le faire est l’essentiel de ce qui sépare un processus efficace de mois de refus polis.
Le marché du VC canadien compte moins de gros fonds qu'aux États-Unis, et beaucoup ont des LP adossés au gouvernement comme BDC Capital ou Teralys, ce qui rattache souvent leur mandat à des sociétés domiciliées au Canada en pre-seed et en seed. Un fondateur canadien lève donc typiquement ses premiers tours au pays et rencontre les fonds américains en Série A ou B, où les tailles de chèque, le vocabulaire de thèse et les documents changent. Lire la thèse vous dit de quel côté de cette ligne un fonds se trouve : certains fonds canadiens doivent investir dans des sociétés canadiennes, et certains fonds américains ne mèneront qu'après un flip au Delaware. Dans un marché où la liste des leads possibles à chaque stade est courte, qualifier le fit de mandat avant de pitcher épargne le plus de temps.
Un fonds de venture a deux faces. Les general partners (GP) sont la firme : ils lèvent le fonds, sourcent et choisissent les investissements, siègent aux boards, et décident des follow-on et des exits. Les limited partners (LP) sont les investisseurs dans le fonds lui-même, fonds de pension, dotations, family offices, investisseurs souverains et corporate, parfois des États, qui engagent du capital mais restent passifs, avec une responsabilité limitée à ce qu’ils engagent. Quand une startup « lève auprès d’un VC », le GP signe le chèque, mais l’argent appartient au bout du compte aux LP, et le GP leur rend des comptes.
L’économie aligne les deux faces de façon imparfaite. Les GP touchent d’ordinaire des frais de gestion (souvent autour de 2 % du capital engagé par an) pour faire tourner la firme, et le carried interest (couramment 20 % des profits, une fois les LP remboursés et parfois un rendement préférentiel servi) comme vrai upside. Le fonds a une vie finie, classiquement une dizaine d’années, avec une période d’investissement au début et une période de récolte ensuite. Cette horloge est la part que les fondateurs ignorent le plus souvent : un fonds doit finir par rendre le capital et les gains à ses LP, donc sa disposition à soutenir une société à long horizon dépend en partie de l’endroit où il se trouve dans cette décennie.
Pour un fondateur deeptech, la structure GP/LP a deux conséquences pratiques. D’abord, l’âge du fonds compte : le capital d’un fonds en début de vie est plus patient que celui d’un fonds approchant la fin, confronté à une échéance de retour. Ensuite, la base de LP compte : un fonds dont les LP comprennent et veulent du deeptech peut tenir une position le long d’une longue roadmap et suivre ; un fonds dont les LP attendent des retours rapides à la logicielle mettra le GP sous pression, et cette pression atteint le board. Demander, avec diligence et politesse, le millésime du fonds, les réserves restantes et l’appétit des LP est une diligence inversée qu’un fondateur sérieux fait avant de prendre l’argent.
Beaucoup de fonds de VC canadiens comptent parmi leurs LP des institutions adossées au gouvernement comme BDC Capital ou Teralys, ce qui peut rattacher le mandat à des sociétés canadiennes et ajouter des obligations de reporting que vous sentirez indirectement. Les fonds canadiens sont aussi généralement plus petits que leurs pairs américains : les réserves pour les follow-on sont plus minces, et la discipline du GP à leur sujet compte davantage pour vous. L'horloge de vie du fonds pèse d'autant plus en deeptech : une roadmap qui demande encore 2 ou 3 tours avant un revenu significatif met à l'épreuve un fonds en fin de vie. Demander le millésime du fonds, les réserves restantes et l'identité des LP est une diligence inversée raisonnable avant de prendre le chèque.
Un fonds facture le standard « 2 et 20 » : 2 % de frais de gestion annuels sur le capital engagé et 20 % de carried interest sur les gains. Sur un fonds de 100 M$ CA, cela représente 2 M$ par an pour opérer le fonds, et les GP gardent 20 % du profit au-delà du retour du capital aux LP.
Le financement public et d’agence vient sous deux formes économiquement différentes qu’il est facile de confondre. Une subvention (ou contribution non remboursable) est de l’argent que la société garde en propre si elle remplit les conditions du programme, du vrai capital non dilutif sans remboursement. Une contribution remboursable est de l’argent que la société doit rendre, parfois inconditionnellement selon un échéancier, plus souvent sous condition, remboursé seulement si le projet réussit, si le produit atteint le marché, ou si le revenu franchit un seuil, à l’occasion sous forme de royalty sur les ventes futures. Certains programmes mêlent les deux, en partie subvention, en partie remboursable.
La distinction compte parce qu’elle change le vrai coût et l’image au bilan. Une subvention est le capital le moins cher qui soit. Une contribution remboursable, même sans intérêt et conditionnée au succès, est une forme de financement bonifié : elle peut être enregistrée en passif, elle peut réduire le bénéfice non dilutif en valeur actuelle, et surtout elle peut être traitée en debt-like dans un financement ou une acquisition futurs, réduisant la valeur d’equity à l’exit comme le font les autres éléments debt-like. De l’argent qui semblait gratuit à son arrivée peut réapparaître en déduction dans un pont EV-vers-equity des années plus tard.
La discipline d’opérateur est de lire chaque term sheet pour y trouver le déclencheur de remboursement et de classer le financement en conséquence, pas selon l’étiquette marketing du programme. Les questions : est-ce remboursable du tout, sous quelles conditions, selon quel échéancier, avec quel intérêt ou royalty, et cela se convertit-il en subvention en cas d’échec ou reste-t-il dû. Une pile non dilutive propre distingue l’argent gardé de l’argent dû, pour que le runway qu’elle montre soit honnête et qu’un futur acquéreur ne trouve aucune surprise dans les conventions de contribution.
Les programmes fédéraux canadiens couvrent les deux côtés de cette ligne : les contributions PARI CNRC sont généralement non remboursables, tandis que le Fonds stratégique pour l'innovation recourt souvent à des contributions remboursables ou conditionnellement remboursables pour les projets plus gros. La classification interagit aussi avec le reste de la pile non dilutive canadienne : le SR&ED est un crédit d'impôt plutôt qu'une contribution, remboursable pour les SPCC admissibles, et se comporte donc encore autrement dans une prévision de trésorerie. Les investisseurs et les futurs acquéreurs liront les conventions de contribution ; un tableau qui sépare l'argent gardé de l'argent dû, avec les déclencheurs de remboursement notés, raccourcit la diligence. Dans le modèle de runway, traitez une contribution remboursable comme de la dette douce, pas comme une subvention.
Le comité d’investissement (IC) est l’organe de décision interne d’un fonds qui doit approuver un nouvel investissement avant qu’il ne se conclue. Même quand un partner est enthousiaste, le deal doit en général passer l’IC, qui peut inclure les partners seniors du fonds et parfois des représentants des LP. Le partner devient le champion du deal, présentant un mémo et défendant le dossier ; le fondateur n’est souvent pas dans la pièce. C’est pourquoi la levée est en partie un processus d’équipement de votre champion pour gagner un débat auquel vous ne pouvez pas assister.
L’IC existe pour imposer discipline et cohérence, pour s’assurer que chaque deal colle à la thèse, pour stress-tester l’optimisme du partner sponsor, et pour peser le deal contre le reste du portefeuille. Pour une société deeptech, l’IC est aussi l’endroit où l’histoire technique rencontre un scrutin non technique : le comité peut n’avoir aucun expert du domaine, donc il s’appuiera sur la diligence externe et sur le caractère vérifiable de façon indépendante des claims, et il posera les questions brutes, qui achète ceci, quand, contre qui, et que prouve réellement ce tour.
L’implication pratique façonne la conduite d’une levée. Mieux vaut donner à votre champion les artefacts qui survivent à la pièce sans vous : un jalon défini pour être vérifiable par un tiers, une data room propre, une lecture concurrentielle et de marché honnête, un usage des fonds net rattaché à la prochaine preuve créatrice de valeur, et des références qui tiendront. Il est utile de comprendre qu’un « oui » du partner est un « peut-être » tant que l’IC n’a pas tranché, que des conditions et des termes réduits peuvent apparaître à ce stade, et qu’un deal peut mourir en comité pour des raisons sans aucun rapport avec la réunion qui s’est bien passée. Concevoir le pitch pour les gens qui n’étaient pas à la réunion est ce qui sépare les fondateurs qui closent des fondateurs qui décrochent des premiers appels enthousiastes.
Les fonds canadiens fonctionnent souvent en petits partnerships : l'IC peut être le partnership entier, et la distance entre votre champion et la décision est courte ; en contrepartie, un seul partner sceptique pèse lourd. Quand un fonds américain mène votre Série A ou B, le comité siège en général dans un autre pays et ne vous a jamais rencontré : le mémo et la data room font tout le travail. Un dossier deeptech canadien ajoute une question que l'IC sondera : quelle part du plan repose sur les remboursements SR&ED et les contributions de programmes, et si les jalons survivent sans eux. Armez votre champion de documents qui répondent à cette question avant qu'elle soit posée.
Le lead investor est l’organisateur du tour : le fonds qui négocie la term sheet, fixe le prix, mène la diligence la plus poussée, prend en général le siège au board et signe le plus gros chèque, par usage un tiers à la moitié du tour, voire plus, en early stage. Le reste du syndicat, les followers, investit aux conditions du lead avec une diligence plus légère. Un tour sans lead, le party round fait de nombreux petits chèques sur des convertibles identiques, se boucle vite mais ne laisse personne responsable : personne n’a pricé la société, personne ne porte la décision de follow-on, et la prochaine baisse de régime trouve une chaise vide là où il faudrait de la conviction.
Un lead se qualifie, il ne s’accepte pas. Les questions qui comptent : le fonds a-t-il des réserves et une pratique du follow-on ; que fait-il quand une participation rate un jalon (références de fondateurs qui l’ont vécu, échecs compris) ; qui prend exactement le siège au board et comment se comporte cette personne en conflit ; la thèse et l’horizon du fonds collent-ils à la technologie. La valeur d’un lead se concentre dans les moments durs, bridges, down rounds, repricings, précisément quand un investisseur flatteur mais peu engagé coûte le plus cher.
S’assurer un lead solide est aussi le moyen le plus rapide de remplir un tour : les followers existent en quantité, la conviction est l’intrant rare.
La liste des fonds canadiens capables de mener à un stade donné est courte, et en Série A ou B le lead est souvent un fonds américain, ce qui change la forme du deal : term sheet en USD, documents de style NVCA plutôt que les modèles CVCA, et parfois une demande de flip au Delaware. Un flip met généralement fin au statut de SPCC, ce qui change la position SR&ED et le traitement fiscal d'un futur exit : le choix du lead est donc aussi une décision de structuration. Un lead domestique garde la documentation plus simple ; un lead américain apporte un chèque et un réseau plus grands au prix d'une exposition de change et de structure. Quel qu'il soit, ses réserves et son comportement dans les moments durs comptent plus que la valorisation affichée qu'il propose.
La cession et la licence sont deux façons pour une société de venir à utiliser de la propriété intellectuelle, et ce ne sont pas de proches substituts. La cession transfère la propriété : l’IP devient l’actif de la société, à défendre, à concéder en licence ou à vendre. La licence accorde la permission d’utiliser une IP que quelqu’un d’autre continue de posséder, aux conditions que fixe le concédant. Les fondateurs et les investisseurs veulent en général que la technologie cœur soit cédée à la société ; la licence est acceptable pour de l’IP périphérique ou réellement tierce, et parfois inévitable quand une université possède la recherche sous-jacente.
Quand l’IP arrive par licence, les conditions décident de sa valeur. L’exclusivité d’abord : une licence exclusive se comporte bien plus comme une propriété qu’une non exclusive, qui laisse le concédant accorder les mêmes droits à des concurrents. Le périmètre ensuite : est-elle mondiale, couvre-t-elle tout le champ d’application dont le business a besoin, la société peut-elle sous-licencier. La durabilité ensuite : le concédant peut-il résilier, y a-t-il des jalons de diligence, qu’advient-il de la licence lors d’une acquisition (certaines se résilient au changement de contrôle, ce qui peut empoisonner un exit). Et le coût enfin : frais initiaux, royalties courants, et tout droit d’equity ou de jalon qui taxe chaque dollar futur.
Pour un investisseur, la règle pratique est simple. Une IP cœur cédée et possédée est la position la plus forte. Une licence exclusive, mondiale, large et durable arrive juste derrière. Une licence non exclusive, étroite, résiliable ou chargée en royalties sur la technologie centrale de la société est une faiblesse structurelle qui façonne la valorisation et peut compliquer ou bloquer un exit, aussi bonne que soit la science. C’est l’une des premières choses qu’une diligence deeptech lit dans la data room, et l’une des plus coûteuses à réparer après coup.
Une grande partie de la deeptech canadienne, IA, biotech ou matériaux avancés, naît dans un laboratoire universitaire, et les universités canadiennes divergent sur la propriété de l'IP des chercheurs : certaines la laissent aux inventeurs, d'autres la gardent pour l'institution, si bien que la position de départ d'un spin-out dépend du campus. Cela fait de la question licence ou cession l'une des premières à régler, idéalement avant le premier financement, quand le bureau de transfert de technologie a encore de la marge pour être flexible. Les fonds américains qui arrivent en Série A ou B lisent l'accord de près, et une résiliation au changement de contrôle ou un champ d'application étroit peuvent compliquer un exit transfrontalier. Si la technologie cœur est sous licence plutôt que cédée, négociez tôt l'exclusivité, l'étendue et la survie de l'accord ; la réparation coûte plus cher à chaque tour suivant.
La liquidation preference définit ce que reçoivent les porteurs de préféré, avant la common, quand la société est vendue, fusionnée ou liquidée (un « liquidity event », pas seulement une liquidation au sens propre). La condition standard est 1x non-participatif : l’investisseur choisit le meilleur entre récupérer sa mise ou convertir en common et prendre son pourcentage. Les variantes agressives multiplient : une préférence 2x ou 3x rend des multiples du coût d’abord ; le préféré participatif prend la préférence puis partage le reliquat (« double dip »), parfois adouci par un cap.
L’ordre de la pile compte autant que la taille. Sur plusieurs tours, les préférences sont soit empilées, le dernier argent sorti en premier, soit pari passu, tous les préférés partageant au prorata. Une pile profonde, empilée et senior change qui est payé à chaque valeur d’exit sous le total de la pile.
La discipline est de négocier la clause avec le waterfall ouvert, pas dans l’abstrait : 1x non-participatif, pari passu quand on peut l’obtenir, et un modèle montrant ce que reçoit la common sur une plage de valeurs d’exit. Une valorisation affichée flatteuse achetée avec une préférence participative 2x vaut fréquemment moins, pour les fondateurs, à chaque exit réaliste, qu’une valorisation plus basse à conditions propres.
Les tours canadiens sont généralement plus petits en dollars canadiens, mais beaucoup d'exits canadiens sont modestes aussi : la pile de préférences peut donc avaler un prix d'acquisition réaliste, et le waterfall se modélise à des valeurs d'exit basses avant de signer. Les documents modèles de la CVCA, utilisés dans la plupart des financements canadiens, s'ancrent sur le 1x non-participatif, une référence utile quand une term sheet dérive vers du participatif ou des multiples. Quand un fonds américain mène en USD, la préférence est libellée en USD alors qu'un acquéreur canadien peut payer en CAD : les mouvements de change déplacent le waterfall entre le financement et l'exit. Les fondateurs et les employés porteurs d'options sont au bas de la pile ; c'est pour eux que le modèle doit tourner.
Un investisseur a mis 5 000 000 $ CA en 1x non-participatif pour 20 % de propriété. À un exit de 20 000 000 $, il prend le plus élevé de sa préférence (5 000 000 $) ou de sa part as-converted (20 % × 20 000 000 = 4 000 000 $) : il prend 5 000 000 $, et la common se partage les 15 000 000 $ restants. À un exit de 50 000 000 $, il convertit et prend 10 000 000 $. Le point de bascule où convertir bat la préférence se situe à un exit de 25 000 000 $. La même participation passée en 1x participatif prend, à l'exit de 50 000 000 $, la préférence de 5 000 000 $ puis 20 % des 45 000 000 $ restants (9 000 000 $), soit 14 000 000 $ contre 10 000 000 $ as-converted : les 4 000 000 $ d'écart sont le double dip, payés sur la common.
Une lettre d’intention acte que 2 parties ont l’intention de faire affaire, en général avant un contrat ferme. Dans un contexte de levée, c’est l’artefact qu’une société pré-revenu utilise pour prouver la demande : un client potentiel énonce l’intention de piloter ou d’acheter, un partenaire celle d’intégrer. L’essentiel d’une LOI est expressément non contraignant ; seules les clauses accessoires (confidentialité, exclusivité, parfois un no-shop) lient. Un protocole d’accord est la même idée avec encore moins de force.
Ce qui sépare une LOI solide du théâtre, c’est la précision. Une LOI utile nomme un périmètre, une valeur indicative, un horizon, et les conditions à remplir pour la convertir en contrat (un pilote réussi, un jalon atteint, un budget approuvé au prochain cycle). Elle est signée par quelqu’un qui peut réellement engager une dépense, pas par un contact amical d’un groupe de recherche sans autorité budgétaire. Les LOI faibles omettent tout cela : pas de montant, pas de date, pas d’acheteur nommé, pas de chemin de conversion, et c’est précisément pour cela qu’elles se collectent à bas prix et que la diligence les escompte fortement.
L’usage honnête est de les traiter en indicateur avancé avec une hypothèse de conversion énoncée, pas en quasi-revenu. Un fondateur qui présente 10 LOI gagne à présenter aussi le taux de conversion réaliste et les conditions de déclenchement, parce que l’investisseur les modélisera ainsi de toute façon. Surpondérer les LOI, traiter l’intention comme une demande actée, est l’un des moyens les plus rapides de perdre sa crédibilité dans une diligence deeptech, où l’écart entre une intention et un contrat signé et financé est large et bien compris.
Pour un fondateur canadien qui lève en pre-seed ou en seed, les LOI portent souvent la slide de traction : les tours se concluent ici sur des montants plus petits, en dollars canadiens, et plus tôt dans la courbe de preuve qu'aux États-Unis, donc les investisseurs s'appuient davantage sur la preuve qualitative de demande. Les fonds canadiens et les fonds américains qui co- investissent avec eux appliquent le même test : un montant, un calendrier, un signataire qui détient le budget, et les conditions à lever avant que la LOI ne devienne un contrat. Si les acheteurs sont des entreprises américaines, une LOI portant une valeur indicative en USD et signée par un décideur budgétaire nommé pèse plus en diligence qu'une pile de lettres de pilote amicales. L'usage honnête reste le même : un indicateur avancé avec une hypothèse de conversion énoncée, jamais un quasi-revenu.
Le financement par jalons structure un tour de sorte que le capital soit libéré en tranches, chacune conditionnée à l’atteinte par la société de jalons définis, plutôt que viré en totalité au closing. La première tranche finance le travail vers le prochain jalon ; l’atteindre débloque la tranche suivante, souvent à une valorisation ou à des conditions convenues d’avance. C’est une façon de combler l’écart entre un investisseur qui veut s’engager et un investisseur qui n’est pas prêt à financer tout le plan sur la confiance.
La logique convient au deeptech. Les investisseurs pricent des événements de dérisquage, donc lier l’argent aux jalons leur permet de mettre plus de capital derrière une société tout en bornant l’exposition au risque que la science ne progresse pas ; pour la société, une structure par jalons peut sécuriser un engagement total plus large et un meilleur chiffre affiché que ce qu’elle lèverait sans condition aujourd’hui. Bien utilisée, elle aligne les deux camps sur les preuves techniques qui déplacent réellement la valeur.
Le danger est l’asymétrie de calendrier, et il est aigu en deeptech. Les jalons techniques glissent, parfois pour des raisons hors du contrôle de l’équipe, et une tranche conditionnée à un jalon qui glisse peut être gelée juste quand la société a besoin du cash pour continuer à y travailler, un piège qui se renforce de lui-même. Les protections que négocie un fondateur décident si la structure est juste : le jalon gagne à être défini objectivement et vérifiable de façon indépendante (les jalons vagues invitent les litiges sur le fait de savoir si l’argent est dû), il est conseillé de prévoir des périodes de cure et des bandes de tolérance raisonnables, et de clarifier ce qui se passe si un jalon est atteint en partie ou en retard. L’articulation avec le signing et le closing compte aussi. Savoir si une tranche ultérieure est une obligation ferme ou une option de l’investisseur est en soi négocié : beaucoup portent une re-approbation par l’IC ou une clause de changement défavorable significatif, donc la discipline est de confirmer que la tranche est réellement engagée, pas seulement « attendue », et que le jalon est défini assez serré pour que « atteint » ne puisse pas être contesté. Le financement par jalons est un outil puissant pour financer une longue roadmap par étapes finançables, mais la valeur de chaque tranche pour la société dépend entièrement de la propreté, et de l’équité, avec lesquelles le déclencheur est écrit.
Les structures par tranches apparaissent régulièrement dans les deals deeptech canadiens, où les tours sont plus petits en dollars canadiens et où les investisseurs préfèrent financer la prochaine preuve plutôt que toute la roadmap. Un fondateur canadien mène souvent de front un equity conditionné à des jalons et du non-dilutif lui aussi jalonné, comme les réclamations de projet PARI, si bien qu'un seul jalon qui glisse peut geler deux sources de financement à la fois. Les syndicats transfrontaliers ajoutent un pli : un lead américain peut documenter les tranches en USD sur ses propres modèles pendant que les co-investisseurs canadiens travaillent sur des documents de style CVCA, et le langage du déclencheur doit concorder des deux côtés. Mieux vaut définir chaque jalon de façon objective et vérifiable, et négocier des périodes de cure, car l'ambiguïté se paie ici en runway.
Le financement non dilutif est du capital qui n’exige pas d’abandonner de la propriété : subventions et aides, crédits d’impôt R&D, avances remboursables, prêts bonifiés, prix, et contrats de co-développement publics ou corporate. Face à l’equity, il a un avantage décisif, les fondateurs et les investisseurs existants gardent leurs actions, et plusieurs coûts, l’argent est souvent fléché vers un travail précis, arrive au calendrier du financeur plutôt qu’à celui de la société, et vient avec des règles d’éligibilité, des obligations de reporting et parfois des contraintes sur l’IP ou sur la façon dont il s’empile avec d’autres soutiens.
Pour une société deeptech, le rôle stratégique est de financer les années pré-revenu à forte intensité scientifique que l’equity trouve coûteuses à pricer. Une société deeptech bien gérée assemble une pile, un crédit d’impôt fédéral, une subvention provinciale ou nationale, une contribution d’agence, par-dessus l’equity, pour que chaque dollar d’equity aille plus loin et que la dilution par jalon baisse. La couche non dilutive peut faire la différence entre atteindre le prochain jalon technique sur un seul tour ou avoir besoin d’un bridge.
La discipline de modélisation est de séparer 3 états de cet argent sans jamais les confondre : reçu (en banque, vrai runway), engagé (signé mais pas encore payé, une créance avec un risque de calendrier), et prospectif (demandé ou espéré, pas du runway du tout). Les crédits d’impôt en particulier sont remboursés avec un décalage, souvent un an ou plus après la dépense, donc le cash et le couru sont deux chiffres différents. Les plans les plus solides montrent la pile non dilutive explicitement, datée et étagée par degré de certitude, plutôt que de fondre un revenu de subvention optimiste dans un chiffre de runway unique que la diligence décomposera aussitôt.
Pour un fondateur canadien, le non-dilutif est un avantage structurel plutôt qu'une note de bas de page : les remboursements SR&ED (le crédit est remboursable pour les SPCC admissibles), les contributions du PARI CNRC et les programmes provinciaux peuvent couvrir ensemble une part significative du burn de R&D précoce. Comme les tours d'equity canadiens sont en général plus petits que leurs équivalents américains, cette couche décide souvent si le prochain jalon est atteint sur un seul tour ou exige un bridge. Préserver le statut de SPCC compte, parce qu'il conditionne l'accès à la version remboursable du SR&ED, donc un flip au Delaware se pèse avec ce coût en vue. La discipline reste la même : traiter cet argent comme réel mais irrégulier et décalé, le cash reçu est du runway, le cash espéré non, et les programmes interagissent plutôt qu'ils ne s'empilent.
Une note convertible est de la dette qui a vocation à devenir de l’equity. L’investisseur prête l’argent aujourd’hui ; le principal, plus les intérêts courus, convertit en actions quand un financement qualifié se boucle, généralement défini comme un tour d’equity pricé au-dessus d’un seuil négocié. Les conditions de conversion reprennent celles d’un SAFE : un valuation cap, une décote sur le prix du tour, ou les deux, l’investisseur convertissant au plus bas des prix disponibles. Le calcul de conversion est le même ; c’est la base qui diffère. Le cap d’une note est par convention pre-money, donc, à la différence d’un SAFE post-money, il ne verrouille pas la propriété finale du porteur : d’autres instruments convertissant au même tour diluent la note aussi. Le cap de 8 000 000 $ de l’exemple est un cap pre-money.
Trois traits la distinguent d’un SAFE, et tous trois protègent l’investisseur. Elle porte intérêt, typiquement 5 à 8 %, le plus souvent simple, qui convertit avec le principal au lieu d’être payé en cash. Elle figure au bilan comme un passif jusqu’à la conversion. Et elle a une échéance : si aucun tour qualifiant n’a bouclé d’ici là, le prêt est exigible, et les issues réalistes sont une prolongation, une conversion négociée, ou un défaut qu’aucun board early-stage ne veut tester.
Les notes persistent là où le SAFE est inconfortable. Certains investisseurs veulent la séniorité de la dette dans une liquidation ; certaines juridictions traitent les instruments de prêt plus proprement que les contrats de type SAFE (la France, par exemple, a développé son propre instrument, le BSA-AIR, plutôt que d’adopter le SAFE). Pour le fondateur, la lecture pratique est simple : une note, c’est un SAFE plus une horloge plus un coupon. Mieux vaut chiffrer honnêtement le coût de cette horloge au regard de la roadmap technique avant de préférer l’un à l’autre.
Les notes convertibles circulent encore au Canada aux côtés des SAFE, et la CVCA publie des documents standard qui gardent les termes lisibles pour les avocats et investisseurs locaux. L'échéance mérite le plus d'attention : les tours canadiens prennent du temps à assembler, à partir d'un bassin de fonds plus restreint, et si le plan est une Série A menée depuis les États-Unis, la note peut rester en circulation jusqu'à la fin de ce processus. Une note libellée en USD auprès d'un investisseur américain ajoute aussi un risque de change à un burn en dollars canadiens. Et un flip vers le Delaware demandé par des investisseurs américains met fin au statut de SPCC, et avec lui au crédit SR&ED majoré remboursable ; la société opérante canadienne peut encore réclamer le crédit non remboursable, mais le calendrier d'un flip par rapport aux notes en circulation se cartographie avec un avocat.
Une note de 500 000 $ CA porte 6 % d'intérêt simple, une échéance à 24 mois, une décote de 20 % et un plafond de 8 000 000 $. Un financement qualifié se boucle au mois 24 : le solde est 500 000 + (500 000 × 6 % × 2) = 560 000 $, et il convertit au plus bas du prix décoté et du prix-plafond. Si aucun tour qualifiant n'a bouclé à l'échéance, les 560 000 $ sont contractuellement dus, et en pratique les parties négocient une prolongation, une conversion au plafond, ou un remboursement que la société peut rarement assumer.
Le Programme d’aide à la recherche industrielle, géré par le Conseil national de recherches du Canada, soutient les petites et moyennes sociétés innovantes par 2 choses : du financement et du conseil. Le financement prend la forme de contributions, le plus souvent non remboursables, au coût d’un projet de développement défini, en général à coûts partagés (le programme couvre une part des salaires et coûts de sous-traitance éligibles, la société couvre le reste). Le conseil vient d’un conseiller en technologie industrielle affecté à la société, qui aide à cadrer les projets et connecte les firmes au réseau d’innovation plus large.
À la différence du SR&ED, l’PARI est basé sur le projet et tourné vers l’avant : il est négocié et approuvé avant le travail, contre un plan et un budget précis, et payé à mesure que le projet progresse plutôt que remboursé après la fin d’exercice. Cela le rend utile pour le calendrier, le cash peut arriver plus près du moment où il est dépensé, mais cela signifie aussi que le financement est borné par le projet approuvé et par le budget du programme, et n’est pas un droit acquis comme l’est un crédit d’impôt. L’éligibilité tient au fait d’être une PME canadienne incorporée, à but lucratif, avec la capacité d’exécuter.
L’interaction avec le SR&ED est le point le plus souvent manqué. Parce qu’une contribution PARI est une aide gouvernementale, elle réduit les dépenses qualifiées au SR&ED sur les mêmes coûts, abaissant le crédit d’impôt qui serait sinon obtenu. Les deux sont complémentaires mais non additifs : un opérateur les modélise conjointement, en choisissant comment répartir les coûts pour maximiser la prise non dilutive combinée, plutôt que de supposer que les dollars s’empilent proprement. Bien utilisé, l’PARI plus le SR&ED plus un tour d’equity est l’épine dorsale de la pile de capital deeptech canadienne précoce.
L'PARI est le complément concret du SR&ED pour une PME technologique canadienne : le projet est approuvé avant le début des travaux, et les contributions à coûts partagés, le plus souvent non remboursables, se versent à mesure que le projet avance plutôt qu'un an après la dépense comme un crédit d'impôt. Il vient aussi avec un conseiller en technologie industrielle dont le réseau et l'appui pèsent auprès des financeurs suivants. Pour une société en pre-seed ou en seed, un projet PARI approuvé peut étirer le runway entre deux tours d'equity sans toucher à la cap table. Le piège d'opérateur est qu'une contribution PARI compte comme aide gouvernementale, donc elle réduit l'assiette admissible au SR&ED sur les mêmes coûts : les deux programmes interagissent et se modélisent ensemble, ils ne s'additionnent pas.
La non-recurring engineering est un travail qu’un client paie une fois pour concevoir, construire, adapter ou qualifier quelque chose de spécifique à lui. Elle est fréquente à la frontière hardware et deeptech, où les premiers déploiements exigent de l’ingénierie sur mesure avant qu’un produit standard n’existe. La NRE est un vrai revenu et une vraie validation (quelqu’un a payé de l’argent réel), mais elle a 2 propriétés qui changent sa lecture : elle ne se répète pas d’elle-même, et elle consomme souvent la capacité d’ingénierie rare qui construirait sinon le produit scalable.
En diligence, la NRE se sépare du revenu récurrent et obtient rarement le même multiple. Les questions qui comptent : chaque mission de NRE rapproche-t-elle la société d’une offre reproductible, ou paie-t-elle seulement les factures du trimestre ; le travail se productise-t-il (la construction sur mesure devient un module réutilisable) ou chaque client exige-t-il un effort neuf, repris de zéro ; et, surtout, qui détient l’IP créée pendant la NRE. Un contrat qui finance le développement mais cède l’IP résultante au client peut laisser la société plus pauvre du seul actif qui compte.
La lecture stratégique est de savoir si la NRE est une échelle ou un tapis roulant. Bien utilisée, la NRE précoce est de la R&D financée par le client qui dérisque la roadmap et amorce le premier produit, et la société réutilise délibérément ce qu’elle construit. Mal utilisée, elle devient du conseil à forte intensité de main-d’œuvre avec un logo deeptech, dont les effectifs croissent linéairement avec le revenu sans jamais atteindre un produit scalable. Un plan crédible énonce le montant de NRE, la fraction qui se productise, et le moment où le revenu produit récurrent devrait la dépasser.
Les sociétés hardware et deeptech canadiennes gagnent souvent leurs premiers dollars en NRE : une construction sur mesure pour un client américain, un contrat public ou de défense, une intégration payée. C'est du cash réel, souvent en USD, mais un lecteur de diligence ne le valorisera pas comme récurrent et demandera si chaque mission rapproche d'un produit reproductible ou paie seulement le trimestre. 2 points spécifiquement canadiens méritent l'attention : qui détient l'IP créée sous le contrat, et comment le travail interagit avec le SR&ED, puisque de la R&D réalisée et payée dans le cadre d'un contrat client peut réduire ce que la société peut réclamer sur les mêmes coûts. Un plan crédible énonce la part de NRE dans le revenu et la fraction qui se productise, parce que les investisseurs la modéliseront ainsi.
Une société signe un contrat de 2 000 000 $ CA. Si 1 600 000 $ sont de la NRE ponctuelle (construction sur mesure, intégration, calibration spécifique) et 400 000 $ une licence ou un service reproductible, la part récurrente en run rate est de 400 000 $, pas de 2 000 000 $. Une valorisation bâtie sur les 2 M$ affichés mésestime le business en traitant de l'ingénierie ponctuelle comme si elle se répétait chaque année.
L’option pool est un bloc d’actions réservé dans un plan d’intéressement pour de futures attributions aux salariés, conseillers et parfois administrateurs. Les attributions issues du pool (options, RSU, ou équivalents locaux) vestent dans le temps ; le pool lui-même compte dans le nombre d’actions fully diluted, qu’il ait été attribué ou non, ce qui explique que sa taille déplace chaque pourcentage de propriété de la cap table.
La négociation qui compte est le pool shuffle. Les investisseurs exigent habituellement que le pool soit créé ou augmenté avant que leur argent ne convertisse en actions, dans la pré-money. Placé là, le nouveau pool fait retomber sa dilution entièrement sur les détenteurs existants, fondateurs en tête, tandis que l’investisseur entre dans une société portant déjà la réserve. Le même pool placé en post-money diluerait tout le monde, investisseur compris, et c’est précisément pour cela que les term sheets ne l’écrivent pas ainsi.
2 habitudes empêchent le shuffle de déraper. D’abord, traduire tout pool proposé en son coût réel : des points de pool exigés en pré-money équivalent à une pré-money plus basse, et se négocient comme tels. Ensuite, piloter la taille par un plan d’embauche nommé plutôt que par une convention ; un pool surdimensionné n’est pas une marge de sécurité, c’est de la dilution stockée aujourd’hui qu’un futur tour exigera de toute façon de réabonder.
Les term sheets au Canada, qu'elles s'appuient sur les modèles CVCA ou sur le papier d'un lead américain, placent le pool dans la pré-money par défaut, donc son coût retombe sur les détenteurs existants. Comme les tours canadiens sont en général plus petits, chaque point de pool inutile coûte aux fondateurs proportionnellement plus de la société par dollar levé. Mieux vaut dimensionner le pool à partir du plan d'embauche réel à 18-24 mois, pas du pourcentage qu'une term sheet propose par habitude. Nuance canadienne : les options de salariés d'une SPCC bénéficient d'un traitement fiscal avantageux pour l'équipe, ce qui aide une enveloppe de cash limitée à recruter, et c'est une partie de ce qui se perd dans un flip au Delaware.
Un tour de 2 000 000 $ CA à 8 000 000 $ pré-money achète à l'investisseur 20 % de la société à 10 000 000 $ post-money. La term sheet exige aussi un pool d'options non émis de 10 % post-money, créé avant l'arrivée de l'argent. Sur une cap table de 10 000 000 d'actions post-money, les 1 000 000 d'actions du pool sortent des détenteurs existants, donc fondateurs et investisseurs antérieurs finissent le tour dilués de 30 %, pas de 20 %. Le pré-money effectif de l'investisseur pour l'activité existante tombe de 8 000 000 $ à 7 000 000 $, le prix par action affiché inchangé : les fondateurs financent tout le pool.
Une clause de pay-to-play exige des investisseurs préférés existants qu’ils participent à un financement futur, en général à hauteur de leur pro rata, sous peine de pénalité. La pénalité classique est la conversion de leurs actions préférées en commun (ou en une classe plus faible), ce qui retire la liquidation preference, la protection anti-dilution et les autres droits venus avec les préférées. De fait, elle dit : continuez de soutenir la société quand elle lève à nouveau, ou perdez les protections négociées. La clause peut être écrite dans les documents de financement d’origine ou introduite au moment d’un tour difficile.
La clause existe pour aligner les investisseurs sur la société à travers les périodes dures. Dans un down round ou un financement de sauvetage, certains investisseurs refuseront d’en remettre ; le pay-to-play les pousse à participer en rendant la non-participation coûteuse, ce qui récompense ceux qui montent au créneau et concentre le soutien parmi les engagés. Du point de vue de la société, c’est un outil qui garde les insiders mobilisés précisément quand le capital externe est le plus dur à trouver, et il peut faire aboutir un tour autrement infinançable.
Pour les fondateurs, la clause est à double tranchant et mérite d’être comprise à l’avance. Là où elle aide : elle peut forcer un syndicat d’insiders favorable à refinancer la société et peut assainir une cap table en convertissant des préférées passives ou absentes en commun. Là où elle blesse : elle est en soi un signal de détresse, elle peut être utilisée agressivement par les investisseurs qui mènent un down round punitif, et la restructuration qu’elle déclenche (conversions, nouvelles préférences senior) peut lourdement diluer ou subordonner ceux qui ne peuvent pas participer, y compris des soutiens plus anciens et parfois les fondateurs. Parce que les roadmaps deeptech, longues et pilotées par les jalons, augmentent les chances d’au moins un tour difficile, savoir si le pay-to-play est dans les documents, et à quelles conditions, fait partie de la lecture de la solidité de la cap table le jour où la société traverse une mauvaise passe.
Le pay-to-play compte pour un fondateur canadien parce que le bassin de follow-on y est plus mince qu'aux États-Unis : le marché VC domestique compte peu de fonds capables de mener un tour de sauvetage, donc un tour difficile dépend souvent de la volonté des investisseurs existants de remettre au pot. La clause convertit les préférées des non-participants en actions ordinaires et efface leur préférence, ce qui peut tenir ensemble un petit syndicat d'insiders au moment précis où le capital externe se raréfie. Dans une cap table transfrontalière, la clause arrive le plus souvent avec un tour mené par un fonds américain sur des documents de style US. Mieux vaut savoir avant le tour difficile si elle existe et à quelles conditions, parce qu'elle redessine qui reste engagé quand cela compte le plus.
La pré-money est ce que vaut la société avant le nouvel investissement ; la post-money est ce chiffre plus l’argent qui entre. La propriété de l’investisseur égale l’investissement divisé par la post-money, et le prix par action égale la pré-money divisée par le nombre d’actions fully diluted avant l’argent neuf, y compris l’augmentation de pool du tour et les instruments en conversion. Les deux conventions décrivent la même transaction, mais chaque chiffre négocié doit déclarer laquelle il utilise.
Les ambiguïtés classiques se concentrent à 3 endroits. Le raccourci de titre (« sur 12 ») omet la convention. L’option pool se loge dans la pré-money par usage, donc une augmentation de pool abaisse le prix par action effectif sans toucher le titre. Et les instruments en conversion brouillent la frontière : une pile de SAFE post-money convertit dans la capitalisation avant l’argent neuf, donc la position post-tour réelle des fondateurs ne se lit que sur une table fully diluted qui modélise explicitement les conversions.
En négociation, la pré-money est le chiffre qui porte l’histoire : ce que valent l’équipe, l’IP et les jalons atteints jusqu’ici. La post-money est le chiffre qui porte les maths : dilution, propriété cible, et point de référence du prochain tour. La fluidité, c’est de circuler entre les deux sans erreurs d’arrondi, et de ne jamais laisser un deck, un modèle et une term sheet se contredire.
Pour un fondateur canadien, la question de convention n'a rien d'académique : les tours mélangent souvent devises et modèles, et une pile de SAFE post-money en USD qui convertit dans un tour pricé en CAD est exactement l'endroit où pré et post se confondent. Les tours canadiens sont aussi en général plus petits qu'aux États-Unis au même stade, donc quelques points de glissement de convention pèsent proportionnellement plus lourd sur la propriété des fondateurs. Les documents standard CVCA suivent l'usage habituel de loger le pool d'options dans la pré-money, donc le prix par action effectif bouge avec le pool même quand le chiffre de titre ne bouge pas. Précisez la convention, et la devise, dans chaque chiffre partagé entre le deck, le modèle et la data room.
« On lève 3 000 000 $ CA sur 12 » veut dire, si 12 est la pré-money : post-money 15 000 000 et l'investisseur détient 3 / 15 = 20 %. Si 12 était la post-money : l'investisseur détient 3 / 12 = 25 %. Même titre, 5 points d'écart, soit 2 500 000 $ sur un exit à 50 000 000 $. La préposition mérite d'être précisée dans chaque phrase qui contient une valorisation.
La pre-revenue traction est le faisceau de preuves qu’un marché veut ce qu’une société construit, rassemblé avant qu’un revenu reconnu ne porte le dossier seul. Pour une société deeptech, c’est le substitut de la courbe d’ARR qu’un investisseur logiciel lirait : pilotes payés, design partnerships, lettres d’intention, contrats de co-développement publics ou corporate, liste d’attente de contreparties crédibles, et la conversion d’une étape dans la suivante au fil du temps.
La discipline tient à classer les signaux selon ce que la contrepartie y engage réellement. Un pilote que le client paie, même petit, vaut plus qu’un essai gratuit ; un essai gratuit passe devant une lettre d’intention non contraignante ; une LOI passe devant un protocole d’accord ; tous passent devant un mur de logos « sociétés à qui on a parlé ». La pente compte autant que le niveau : 3 pilotes cette année contre 1 l’an dernier est une tendance, une pile statique de MOU d’il y a un an est un avertissement. Une traction honnête nomme aussi ses dénominateurs (combien de conversations ont produit combien de pilotes) au lieu de ne montrer que les gains.
Le piège pré-revenu est de prendre l’intérêt scientifique pour de la demande commerciale. Un laboratoire national pressé de co-publier valide la technologie, pas le fait que quiconque achètera un produit ; confondre les deux gonfle l’histoire et s’effondre à la première question de diligence sur la valeur et le calendrier des contrats. Le récit pré-revenu le plus solide associe une petite demande réelle, validée par du cash, à un énoncé clair du jalon qui transforme cette demande en contrats.
Les fondateurs deeptech canadiens assemblent souvent leurs premières preuves du côté public de la pile de capital : une contribution PARI, un pilote adossé à une subvention, un co-développement universitaire. C'est une vraie validation de la technologie, mais les investisseurs y lisent un endossement de la R&D, pas une demande commerciale, et une slide de traction qui repose sur des programmes publics appelle la question de qui paie une fois la subvention terminée. Les meilleurs dossiers pré-revenu canadiens sortent tôt du marché domestique, parce que les acheteurs de la plupart des catégories deeptech sont concentrés aux États-Unis et à l'international, et un pilote payé par un corporate étranger pèse souvent plus qu'un MOU domestique. Classez chaque signal selon ce que la contrepartie y engage, et gardez l'argent public sur la slide du non-dilutif, pas sur celle de la traction.
Un droit de préemption donne à la société, ou à ses investisseurs, le droit d’acheter les actions qu’un détenteur se propose de vendre, aux mêmes conditions qu’un tiers a offertes, avant que ce tiers ne puisse conclure l’achat. Il contrôle qui est admis sur la cap table : un actionnaire qui reçoit une offre extérieure doit d’abord la présenter aux titulaires du ROFR, qui peuvent l’égaler et prendre les actions, ou renoncer et laisser la vente se faire. Il est fréquemment associé à un droit de cession conjointe (tag-along), qui laisse les investisseurs se joindre à la vente d’un fondateur au pro rata plutôt que de l’égaler.
La fonction est la gouvernance de la propriété. Sociétés et investisseurs usent des ROFR pour empêcher les actions d’atterrir chez des concurrents, des parties indésirables ou une foule fragmentée, et pour garder un certain contrôle sur les transactions secondaires tant que la société est privée. Pour l’acheteur en dernier ressort, c’est aussi une option d’augmenter sa détention de façon opportuniste quand un détenteur veut sortir. À l’émission primaire, le concept analogue est le droit de pro rata ; le ROFR gouverne spécifiquement les transferts d’actions existantes.
Le coût pèse sur la liquidité et la vitesse. Un fondateur ou un employé précoce qui cherche une cession secondaire, enjeu de plus en plus pertinent quand une société reste privée sur le long horizon qu’exige le deeptech, voit le processus conditionné et ralenti : l’offre doit être trouvée, présentée, et maintenue ouverte pendant la période du ROFR avant que rien ne puisse se conclure, et un acheteur extérieur disposé peut renoncer plutôt que d’attendre ou de risquer de se faire égaler. Un ROFR est standard et raisonnable dans les financements de venture, mais les fondateurs gagnent à comprendre son frein sur la liquidité précoce et à négocier une mécanique sensée (délais de notification clairs, exclusions pour les transferts ordinaires, planification successorale) pour que le droit protège la cap table sans la figer.
Pour une société canadienne, le ROFR fait plus que contrôler qui rejoint le registre : le statut de SPCC dépend du contrôle canadien de la société, et le perdre coûte le traitement SR&ED bonifié remboursable ainsi que d'autres avantages fiscaux sur lesquels comptent fondateurs et employés. Un droit qui permet à la société d'intercepter une cession vers le mauvais acheteur est donc aussi une défense de statut fiscal. Les documents standard CVCA incluent le ROFR et le co-sale, si bien que la négociation porte rarement sur l'existence du droit et presque toujours sur sa mécanique. Le marché secondaire canadien est plus étroit que l'américain, donc un processus lent et conditionné peut faire la différence entre un acheteur disposé et aucun ; négociez des délais de notification clairs et des exclusions pour les transferts ordinaires, pour que le droit protège la cap table sans figer la liquidité précoce.
Le runway, c’est le cash en banque divisé par le burn net mensuel : le temps qu’il reste à la société à son rythme de dépense actuel. C’est le chiffre de pilotage central d’une société pré-revenu, et son honnêteté dépend entièrement du burn retenu (net du cash qui entre de façon fiable, les one-offs normalisés) et des entrées futures que le modèle ose compter.
La discipline de planification repose sur des scénarios. Un cas de base avec le seul cash engagé ; un cas baissier où la subvention glisse d’un trimestre et où le recrutement se fait quand même ; un cas d’extension montrant quels coûts pourraient s’arrêter. Le chiffre qui compte dans chacun : où tombe la date de panne sèche par rapport au prochain jalon, car un runway qui s’achève 1 mois après une démonstration technique clé n’est pas un runway, c’est un pari sur un calendrier de R&D.
La règle de timing de levée en découle : la prochaine levée commence pendant que le runway couvre encore tout le processus. 12 mois est le seuil confortable côté logiciel, 15 le seuil plus sûr vu les délais de diligence deeptech ; en dessous de 9, la société négocie sous pression visible. Et tout investisseur lit un runway sur un tableau de burn aussi vite que le fondateur. Prolonger le runway n’est d’ailleurs pas 1 levier mais 3 : couper le burn, ajouter du non dilutif, ou bridger ; chacun a un coût, et le moins cher est en général celui qu’on décide le plus tôt.
Pour une société tech canadienne, le modèle de runway a un rythme bien à lui : les remboursements SR&ED arrivent après le dépôt et la revue de la déclaration de fin d'exercice, et les contributions du PARI CNRC (IRAP) remboursent des dépenses déjà engagées, donc la couche non dilutive prolonge le runway sur papier des mois avant de le prolonger en banque. Le modèle honnête suit donc séparément le cash reçu, le cash engagé et le cash espéré, et ne laisse jamais un crédit réclamé tenir lieu de virement. La levée mérite aussi de la marge : le vivier domestique de leads est plus petit qu'aux États-Unis, et beaucoup de tours se bouclent avec des investisseurs transfrontaliers, sur leurs propres délais. Certaines sociétés financent la créance SR&ED pour tirer le remboursement en avant, un levier de runway avec un coût, comme les 2 autres : couper le burn et bridger.
1 800 000 $ CA en banque avec un burn net de 150 000 $ par mois, c'est 12 mois de runway (1 800 000 / 150 000). Une tranche de subvention engagée de 300 000 $ qui arrive au mois 4 le prolonge à 14 mois, mais seulement une fois reçue : un modèle discipliné la compte comme engagée, pas comme du cash, jusqu'au virement.
Le SAFE (Simple Agreement for Future Equity) est un instrument convertible créé par Y Combinator en 2013, réécrit en version post-money en 2018, qui est aujourd’hui la forme par défaut. Ce n’est pas de la dette : ni intérêt, ni échéance, ni obligation de remboursement. L’investisseur verse l’argent aujourd’hui et reçoit un droit qui se dénoue : au prochain tour d’equity (en actions, pricées par un plafond de valorisation, une décote, ou les deux), à un changement de contrôle (le plus élevé du remboursement ou de la valeur as-converted), ou à la dissolution (le remboursement, avant la common).
La mécanique post-money est ce que les fondateurs lisent le plus souvent de travers. La propriété de l’investisseur égale le montant investi divisé par le plafond post-money, mesuré sur la capitalisation de la société y compris tous les titres en conversion (chaque autre SAFE et note), les options attribuées et promises et le pool non émis existant, mais hors argent neuf et hors toute augmentation de pool adoptée pour le tour. Chaque SAFE devient donc une promesse de propriété figée à la signature : émettre d’autres SAFE plus tard ne dilue pas les porteurs antérieurs, cela dilue seulement les fondateurs et tous les porteurs non-SAFE de la cap table.
Les fondateurs choisissent le SAFE pour la vitesse et la simplicité : pas de négociation de valorisation au-delà du plafond, pas de siège au board, quelques pages de texte standard, des closings investisseur par investisseur. La discipline que cette commodité retire, le fondateur doit la réintroduire : tenir une cap table fully diluted vivante où chaque SAFE en cours est converti à son plafond, et lire chaque nouveau plafond comme un pourcentage vendu, pas comme un chiffre de valorisation flatteur.
Les fondateurs canadiens lèvent souvent sur le formulaire post-money de YC en USD, parfois dans une société mère du Delaware après un flip, alors que la masse salariale qui brûle cet argent tourne en CAD : le plafond, la promesse de propriété et le taux de change doivent vivre dans le même modèle. Comme les tours canadiens sont en général plus petits, une pile de SAFE atteint un pourcentage significatif de la société plus tôt qu'aux États-Unis à nombre égal. La mécanique post-money ne change pas avec la géographie : chaque plafond est une promesse de propriété ferme, les SAFE suivants diluent les fondateurs, et seule une table fully diluted qui convertit chaque SAFE en cours montre la position réelle avant un tour pricé. Un flip Delaware qui place une mère américaine au-dessus met aussi fin au statut de SPCC, avec des conséquences sur la remboursabilité du SR&ED à chiffrer avant le flip, pas après.
Un investisseur met 1 000 000 $ CA dans un SAFE plafonné à 10 000 000 $ post-money. Propriété promise à la conversion : 1 000 000 / 10 000 000 = 10,0 %. Un second SAFE de 1 500 000 $ à un plafond de 15 000 000 $ promet encore 1 500 000 / 15 000 000 = 10,0 %. Ensemble, les deux SAFE convertissent en 20,0 % de la société au tour pricé, avant l'argent du nouveau lead. Les deux pourcentages sont figés à la signature : les SAFE suivants diluent les fondateurs, pas les porteurs de SAFE antérieurs.
Le signing et le closing sont 2 moments distincts d’un financement ou d’une acquisition. Le signing, c’est quand les parties exécutent les contrats définitifs et s’engagent sur les conditions convenues. Le closing, c’est quand les conditions de ces contrats sont satisfaites et que la transaction se réalise vraiment : actions émises, argent viré. Dans bien des tours de venture, les deux sont simultanés ou rapprochés, mais ils peuvent être séparés de jours ou de semaines, et cet écart est l’endroit où les deals s’effondrent encore, même une fois que tout le monde a signé.
L’écart existe parce que le contrat signé liste d’ordinaire des conditions suspensives, des choses qui doivent être vraies ou faites avant que le closing ne soit obligatoire. Les plus courantes : achèvement de la diligence confirmatoire, remise de cessions d’IP propres, consentements de tiers ou réglementaires requis, approbations du board et des actionnaires, absence de changement défavorable significatif, et parfois l’atteinte d’un jalon précis. Tant que ces conditions ne sont pas levées (ou renoncées), l’argent n’est pas dû, et une partie peut partir si une condition échoue. En amont, la term sheet elle-même est en grande partie non contraignante, donc « term sheet signée » est encore plus loin du cash que « contrats définitifs signés ».
Pour un fondateur deeptech, les règles pratiques sont 2. D’abord, planifier le runway jusqu’au closing, pas jusqu’à la signature : une société qui laisse son cash tomber à zéro en supposant qu’un deal signé vaut de l’argent en banque peut se faire prendre si le closing glisse ou qu’une condition mord. Ensuite, traiter les conditions tôt, surtout celles auxquelles une société deeptech est sujette, la chaîne d’IP universitaire et les licences, la vérification technique, les consentements clés, parce que ce sont précisément les éléments qui prennent du temps à lever et qu’un acquéreur ou un lead peut utiliser pour re-trader ou retarder. Traiter le deal comme réel seulement à l’arrivée du virement, et gérer activement les conditions entre-temps, est ce qui empêche l’écart entre signing et closing de devenir l’endroit où le tour meurt.
Un fondateur à court de runway se sent arrivé à la signature, mais le cash arrive au closing, et les conditions entre les deux peuvent encore tuer le deal : diligence confirmatoire, cessions d'IP propres, consentements clés, approbations du board. Les tours canadiens ajoutent leur propre friction : un lead américain qui investit à travers la frontière implique une revue juridique des deux côtés, et si le virement arrive en USD, la valeur en CAD du tour bouge avec le taux de change jusqu'à sa réception. Quand de l'IP universitaire ou des ententes de financement public vivent dans la société, les consentements prennent souvent plus de temps que prévu. Planifiez le runway jusqu'au closing, pas jusqu'à la signature, et tenez le deal pour réel seulement quand l'argent est au compte.
Le SR&ED (RS&DE en français : Recherche scientifique et développement expérimental) est l’incitation fiscale fédérale canadienne à la recherche et au développement, le plus grand programme de son genre au pays. Il récompense le travail éligible, développement expérimental, recherche appliquée et fondamentale, par des crédits d’impôt à l’investissement sur les dépenses qualifiées (salaires, matériaux, certains coûts de sous-traitance). Une société privée sous contrôle canadien obtient un taux bonifié remboursable jusqu’à une limite annuelle de dépenses, c’est-à-dire que le crédit est payé en cash même quand la société ne doit aucun impôt ; les autres demandeurs obtiennent un taux plus faible, en général non remboursable. La plupart des provinces ajoutent par-dessus leurs propres crédits liés au SR&ED.
Les taux et limites exacts sont fixés par la loi et ont été substantiellement réformés récemment (la limite de dépenses au taux bonifié et les seuils de sortie ont été relevés, et l’éligibilité a été étendue à certaines sociétés publiques), donc une demande en cours gagne à être dimensionnée contre les règles de l’année en vigueur, pas contre un chiffre de mémoire. Ce qui ne change pas, c’est la réalité d’opérateur. Le crédit est demandé avec la déclaration d’impôt des sociétés après la fin de l’exercice, puis revu, donc le cash arrive des mois après la dépense, un décalage à modéliser honnêtement dans le runway. La qualité de la demande dépend de la documentation contemporaine : ce qui a été tenté, quelle incertitude technologique existait, quelles expériences ont été menées. Une documentation maigre invite la revue et réduit la demande.
2 points de plus comptent pour le deeptech. D’abord, le stacking : une autre aide gouvernementale (une contribution PARI, certaines subventions) réduit l’assiette éligible au SR&ED, donc les crédits interagissent et ne peuvent être simplement additionnés. Ensuite, le financement : parce que le remboursement est une créance prévisible, des prêteurs spécialisés avancent contre elle, laissant une société convertir le remboursement de l’an prochain en runway de ce trimestre, à un coût. Le SR&ED est fondateur de la pile de capital deeptech canadienne, mais c’est un moteur de remboursement, pas une subvention qui arrive quand les factures tombent.
Pour une société tech canadienne qui fait de la vraie R&D, le SR&ED est souvent la plus grosse ligne non dilutive de la pile de capital, et les investisseurs s'attendent à le voir modélisé. 3 faits d'opérateur façonnent le plan de trésorerie : le crédit est remboursable pour une SPCC admissible mais arrive après le dépôt de fin d'exercice et la revue de l'ARC, donc c'est le cash de l'an prochain, pas de ce trimestre ; une autre aide gouvernementale, comme une contribution du PARI CNRC (IRAP), réduit l'assiette admissible ; et les crédits provinciaux s'empilent sur le fédéral. 2 avertissements structurels en découlent : un flip Delaware ou tout changement qui met fin au statut de SPCC met fin au traitement bonifié remboursable, et une documentation contemporaine maigre invite la revue et réduit la demande. Beaucoup de sociétés financent la créance pour tirer le cash en avant, à un coût.
Une société privée sous contrôle canadien dépense 1 000 000 $ CA de SR&ED qualifié dans sa limite de dépenses. Au taux fédéral bonifié remboursable de 35 %, c'est un remboursement en cash de 350 000 $ (avant tout crédit provincial), reçu après le dépôt et le traitement de la demande de fin d'exercice, pas pendant l'année où l'argent a été dépensé.
Le stacking (cumul, dans les programmes francophones) est la pratique de financer un même projet par plusieurs sources non dilutives à la fois. C’est ainsi que les sociétés deeptech assemblent un vrai levier : un crédit d’impôt fédéral, une subvention nationale ou régionale, une contribution d’agence et un tour d’equity peuvent tous soutenir le même travail. Mais les programmes sont conçus pour éviter de financer 2 fois le même dollar, donc ils interagissent par 2 mécanismes principaux qu’un fondateur gagne à comprendre avant de supposer que l’argent s’additionne simplement.
Le premier est la réduction d’assiette. L’aide gouvernementale reçue d’un programme réduit d’ordinaire l’assiette de dépenses éligibles d’un autre, demandé sur les mêmes coûts. Le cas classique est canadien : une contribution PARI abaisse les dépenses qualifiées au SR&ED, donc le crédit d’impôt obtenu sur ces coûts baisse. Les programmes sont complémentaires mais non additifs, et la prise combinée est toujours inférieure à la somme arithmétique de chacun pris seul. Le second est le plafond agrégé. Beaucoup de programmes de subvention et de contribution limitent le financement public total à un pourcentage du coût de projet éligible (une intensité d’aide maximale), donc au-delà d’un plafond, ajouter une source publique de plus évince les autres au lieu d’augmenter le total.
La discipline d’opérateur est de modéliser la pile comme une optimisation conjointe, pas comme une somme. Cela suppose de répartir les coûts entre les programmes pour maximiser le résultat combiné, de séquencer les candidatures pour que l’une n’érode pas l’autre en silence, et de respecter les règles de cumul et les plafonds d’intensité d’aide de chaque programme. Bien menée, la pile transforme un mince tour d’equity en un jalon pleinement financé ; menée naïvement, un fondateur budgète 550 000 $ de soutien, reçoit 480 000 $, et découvre l’écart juste au moment où le runway est le plus tendu.
Pour un fondateur tech canadien, la pile non dilutive commence le plus souvent par le SR&ED et le programme PARI du CNRC, puis ajoute les crédits ou subventions provinciaux par-dessus. Les programmes interagissent au lieu de s'additionner : l'aide gouvernementale reçue d'une source réduit en général l'assiette de dépenses qu'une autre peut réclamer sur les mêmes coûts, et plusieurs programmes plafonnent le soutien public total d'un projet. Le statut de SPCC compte aussi, parce qu'il conditionne l'accès à la forme remboursable du SR&ED qui ancre la plupart des piles. La discipline pratique consiste à modéliser le SR&ED, l'PARI et la couche provinciale ensemble, et à séquencer les demandes pour qu'aucune n'érode l'autre en silence.
Un projet a 1 000 000 $ CA de coût éligible au SR&ED. Si une contribution PARI de 200 000 $ finance des coûts éligibles au SR&ED, cette aide gouvernementale réduit l'assiette éligible au SR&ED à 800 000 $, donc le crédit remboursable de 35 % devient 280 000 $ plutôt que 350 000 $. La prise non dilutive combinée est de 200 000 $ + 280 000 $ = 480 000 $, plus que le SR&ED seul, mais pas le naïf 200 000 $ + 350 000 $ = 550 000 $ qu'un fondateur pourrait supposer.
Un syndicate est l’ensemble des investisseurs qui financent collectivement un tour. Il a une structure, pas juste une liste : un lead investor qui négocie et price le tour, prend le siège au board et l’ancre du plus gros chèque, et un groupe de co-investisseurs (followers) qui participent aux conditions du lead avec une diligence plus légère. Les syndicates se forment parce que peu d’investisseurs veulent, ou peuvent, financer un tour entier seuls, et parce qu’un mélange d’investisseurs apporte plus de capital, plus de réseaux et plus de résilience que n’importe quel soutien unique.
Pour le deeptech, le syndicate est proche d’une nécessité plutôt que d’un confort. Les fonds spécialistes capables de pricer la science sont souvent petits, donc ils mènent et valident mais ne peuvent pas remplir un gros tour ; les fonds deeptech généralistes ajoutent de la profondeur ; un CVC stratégique peut ajouter de la validation et un chemin vers des clients ou une acquisition ; et le financement non dilutif se loge sous l’equity. Assembler ces sources complémentaires est la façon dont une société intensive en capital et à long horizon se finance vraiment, et un syndicate composé avec soin empile les réseaux et répartit le risque qu’un investisseur perde appétit au fil des années dont la technologie a besoin.
La composition porte du signal et du risque. Un tour ancré par un lead crédible aux réserves engagées est durable ; un « party round » de nombreux petits chèques sans vrai lead finance la société aujourd’hui mais ne laisse personne responsable de la prochaine décision dure, le bridge, le down round, le follow-on, précisément quand la conviction se fait rare. Le travail du fondateur est de bâtir le syndicate délibérément : s’assurer d’abord un lead de conviction, puis ajouter des co-investisseurs dont le capital, les réseaux et les horizons se complètent au lieu de se dupliquer, et éviter une cap table si fragmentée que personne ne détient assez pour se battre pour la société quand cela compte.
Le Canada compte moins de gros fonds que les États-Unis, si bien que les tours au-delà du seed sont souvent syndiqués par construction : un lead ou co-lead canadien en pre-seed et seed, des fonds américains qui arrivent en Série A ou B, parfois un investisseur stratégique à côté. Pour un fondateur, la question du syndicate est donc aussi transfrontalière : un lead américain apporte souvent une term sheet en USD et parfois une discussion de flip au Delaware. Un mélange délibéré, un ancrage canadien engagé tôt et des poches américaines plus profondes ensuite, préserve la capacité de follow-on à mesure que les tours grossissent. Le schéma à éviter est le party round de petits chèques locaux sans personne capable de mener le financement suivant.
Un jalon technique est une avancée précise et vérifiable qui réduit le risque technique central du business : un prototype démontré hors du laboratoire, un essai biologique validé, un modèle embarqué atteignant un taux d’erreur cible sur un benchmark de référence, un sous-système intégré, une unité de vol qualifiée. En pré-revenu, c’est l’unité atomique de création de valeur. Les investisseurs pricent le deeptech non sur des flux de trésorerie mais sur des événements de dérisquage, donc un tour est implicitement un pari sur le fait que l’équipe convertira du capital en prochain jalon, et le jalon est ce qui permet de lever le tour suivant à une valorisation plus haute.
Un jalon n’est utile que s’il est défini pour être infalsifiable. Cela tient à 3 choses : une cible énoncée en nombre ou en résultat binaire (pas « améliorer la fiabilité » mais « l’unité de vol passe la qualification en vibration » ou « le modèle atteint le taux d’erreur visé sur le jeu de données de référence ») ; un protocole de mesure (comment il est testé, dans quelles conditions, sur combien de runs) ; et un chemin vers une vérification indépendante (un benchmark qu’un tiers pourrait reproduire, ou des données que les experts du prochain investisseur peuvent inspecter). Les jalons vagues (« démontrer des progrès ») ne valent rien en diligence, parce qu’ils ne peuvent être ni réussis ni ratés.
En financement, les jalons deviennent l’ossature. Ils définissent ce que le tour en cours doit accomplir, ils fixent les points de déclenchement du financement par jalons ou par tranches, et ils ancrent le récit au prochain tour : le fondateur montre ce que le capital du dernier tour a acheté en dérisquage, et ce que le prochain jalon prouvera. Une carte de jalons propre, honnête sur ceux qui sont atteints, ceux qui ont glissé et pourquoi, est l’un des signaux les plus forts qu’une équipe pré-revenu puisse envoyer, parce qu’elle montre une société pilotée par la preuve plutôt que par l’optimisme.
Le deeptech pré-revenu se price sur des événements de dérisquage, et les tours canadiens sont typiquement plus petits en CAD que leurs équivalents américains, donc chaque levée doit atteindre le prochain jalon avec moins de marge. Les jalons font aussi double emploi au Canada : les contributions PARI et plusieurs programmes provinciaux décaissent contre des objectifs techniques convenus, si bien qu'un jalon maquillé finit par se heurter à un agent de programme autant qu'à la diligence du prochain investisseur. Définir chaque jalon avec une cible, une méthode de mesure et un moyen indépendant de vérification protège à la fois le récit d'equity et la couche non dilutive. Cette même documentation des objectifs et des résultats est aussi la matière première d'une demande SR&ED défendable.
La term sheet est le document qui transforme l’intérêt en deal : quelques pages de l’investisseur lead résumant les conditions auxquelles il propose d’investir. Elle se signe avant la fin de la diligence et avant la rédaction des contrats définitifs, et elle est en grande partie non contraignante, une déclaration d’intention plutôt qu’un contrat, avec 2 exceptions d’usage qui, elles, lient : l’exclusivité (le no-shop, typiquement 30 à 60 jours) et parfois les clauses de frais.
Son contenu se range en 2 familles. L’économie : valorisation, taille du tour, option pool, liquidation preference, anti-dilution. Le contrôle : composition du board, protective provisions (la liste des décisions soumises à l’accord de l’investisseur), droits d’information, vesting des fondateurs. Les fondateurs négocient l’économie d’instinct ; un conseil expérimenté gagne ses honoraires sur le contrôle, là où une clause ne coûte rien aujourd’hui et tout au mauvais conseil d’administration.
En grande partie non contraignant ne veut pas dire faible enjeu. La signature enferme la société dans l’exclusivité le temps de la diligence, donc le levier de négociation culmine la veille de la signature et décroît ensuite. Le re-trading, un lead qui dégrade les conditions après la diligence, arrive ; les défenses sont une data room propre, des références sur le comportement du fonds dans ses deals passés, et le fait de ne pas brûler son runway au point de ne plus pouvoir quitter la table.
Les tours domestiques canadiens s'appuient souvent sur les documents modèles de la CVCA, et une term sheet qui s'y réfère se convertit en contrats définitifs avec moins de surprises. Quand un fonds américain mène la Série A ou B, la term sheet arrive souvent en USD sur des termes de style NVCA et peut mettre un flip au Delaware sur la table ; un flip peut toucher le statut de SPCC et donc le SR&ED, il se négocie donc avec le tour, pas dans la checklist de closing. Le vivier de leads canadiens crédibles est plus étroit qu'aux États-Unis, donc les term sheets concurrentes sont plus rares et le levier tient à la préparation plutôt qu'à l'enchère. Mieux vaut dépenser la négociation sur les termes qui composent, préférence, anti-dilution, pool et contrôle du board, que sur la valorisation affichée.
Les Technology Readiness Levels notent la maturité d’une technologie de TRL 1 (principes de base observés) à TRL 9 (système prouvé en opération). La NASA a développé l’échelle pour le matériel spatial ; la Commission européenne l’a adoptée dans les programmes Horizon, une norme ISO (16290) l’a codifiée pour les systèmes spatiaux, et les investisseurs et agences deeptech l’utilisent désormais comme un raccourci partagé pour « à quelle distance du monde réel se trouve ceci ».
Les bandes qui comptent en pratique : TRL 1-3, c’est la recherche (principes, concepts, première preuve de concept) ; TRL 4-6, c’est la montée du laboratoire au prototype, là où vivent la plupart des startups deeptech et où se concentre l’essentiel du financement deeptech ; TRL 7-9, c’est la démonstration jusqu’au déploiement. Chaque transition est un événement de dérisquage, et les plus chères ne sont pas là où les profanes les attendent : les étapes d’intégration (TRL 5-6), où des sous-systèmes qui marchaient chacun isolément doivent marcher ensemble dans un environnement représentatif, consomment couramment plus de capital et de calendrier que la science d’origine.
Utilisé honnêtement, le TRL est un outil de communication, pas une métrique de vanité : énoncer le TRL au niveau système, montrer le détail par sous-système, et rattacher une preuve au niveau revendiqué (ce qui a été démontré, dans quel environnement, attesté comment). Ce seul tableau désamorce le différend de diligence technique le plus courant et signale que l’équipe connaît la différence entre un résultat et un produit.
Les programmes de financement canadiens parlent le langage TRL : les discussions de projet avec l'PARI du CNRC, le Fonds stratégique pour l'innovation et l'ancien volet TDDC cadrent l'éligibilité et le progrès en bandes de TRL, donc le niveau revendiqué pilote l'accès au non dilutif autant que la perception des investisseurs. Pour une société deeptech qui lève des tours canadiens plus petits, un TRL honnête calibre aussi ce qu'un chèque donné peut réellement acheter de la montée. Le piège est l'inflation composant contre système : un sous-système mature dans une architecture immature ne relève pas le TRL du système, et les évaluateurs de programme le vérifient avant même la diligence technique. Énoncer le TRL au niveau système, garder le détail par sous-système, et rattacher une preuve au niveau revendiqué.
Le TRL 4, c'est un breadboard validé en laboratoire ; le TRL 6, un prototype représentatif démontré en environnement pertinent ; le TRL 8, un système complet et qualifié. Une société deeptech hardware au stade seed, en robotique, spatial ou instrumentation biotech, se situe typiquement entre TRL 3 et 4 ; revendiquer un TRL 6 sur la foi d'un seul sous-système mature est l'inflation qu'un évaluateur vérifie en premier.
Un university spin-out est une société formée pour commercialiser de la recherche développée dans un laboratoire académique. Parce que l’invention a été faite sous le toit de l’université et souvent avec du financement public, le bureau de transfert de technologie de l’institution contrôle d’ordinaire la propriété intellectuelle qui en résulte et décide comment elle parvient à la société : par cession (la société la possède en propre) ou, plus souvent, par licence (la société a le droit de l’utiliser à des conditions négociées, l’université en gardant la propriété).
Les conditions de ce transfert sont l’endroit où la valeur se gagne ou se perd. Les questions qui décident si la société contrôle vraiment sa technologie cœur : l’octroi est-il une cession ou une licence ; si licence, est-elle exclusive, mondiale, et assez large pour couvrir le champ d’application visé, ou étroite et partagée ; que prend l’université en retour (frais initiaux, royalties courants, equity, paiements de jalon, droits d’anti-dilution, sièges d’observateur au board) ; et existe-t-il des obligations de diligence qui laissent l’université récupérer les droits si la commercialisation cale. Des ficelles de financement public (droits de type march-in, usage gouvernemental) peuvent se superposer à tout cela.
Pour un investisseur, la position d’IP de l’essaimage est une ligne de diligence fondatrice, parce qu’elle détermine ce que la société peut défendre et vendre. Une cession propre, ou une licence exclusive mondiale large à l’économie raisonnable, est un vrai moat. Une licence étroite ou non exclusive, un royalty universitaire qui taxe chaque vente future, ou un transfert révocable, sont des passifs qui façonnent tout l’investissement et parfois tout l’exit. Les essaimages les plus solides règlent la chaîne d’IP proprement et tôt, parce que la réparer ne devient que plus coûteuse une fois qu’il y a de la valeur à se disputer.
Les universités canadiennes n'ont pas de politique de transfert de technologie unique : certaines laissent ou cèdent l'IP aux inventeurs, et les fondateurs partent avec une chaîne propre, d'autres gardent la propriété institutionnelle et licencient, parfois avec equity, royalties ou droits de jalon à la clé. Les questions de diligence sont donc propres à chaque université, et la réponse détermine ce qu'un investisseur seed achète vraiment. Comme les chèques de pre-seed canadiens sont modestes, un royalty lourd ou une participation prise par l'université pèse plus sur la cap table qu'elle ne le ferait dans un tour américain plus gros. Régler une cession ou une licence exclusive large avant le premier tour coûte bien moins cher que renégocier une fois les term sheets arrivées, et c'est parmi les premiers points qu'un fonds américain testera en Série A ou B.
Le valuation cap est la valorisation maximale à laquelle un instrument convertible (SAFE ou note) se transforme en actions au prochain tour pricé. Si le tour valorise la société au-dessus du plafond, l’investisseur convertit comme si la société valait le plafond, et obtient plus d’actions par dollar que l’argent neuf. Si le tour price sous le plafond, l’investisseur convertit simplement au prix du tour, ou au prix décoté quand l’instrument porte aussi une décote qui bat le plafond ; l’investisseur convertit toujours au plus bas des prix disponibles.
Un plafond n’est pas une valorisation. Rien n’a été évalué, aucune action n’a été pricée, et la société n’a pas « levé au » plafond, même si fondateurs et journalistes parlent couramment comme si c’était le cas. C’est une borne négociée qui rémunère l’investisseur précoce du risque pris avant que les jalons n’existent. En pratique, le marché traite quand même le dernier plafond comme un ancrage : le prochain lead demandera pourquoi la pré-money de Série A devrait se situer nettement au-dessus, et la réponse, ce sont les jalons achetés avec l’argent du SAFE.
Pour le fondateur, l’arithmétique de travail sur un plafond post-money est une division : la propriété vendue égale le montant levé divisé par le plafond. Garder le résultat cumulé de cette division sur chaque instrument en cours, en fully diluted, est la seule habitude qui évite la surprise classique au premier tour pricé.
Les tours de pre-seed et de seed canadiens sont typiquement plus petits en CAD que leurs équivalents américains, donc le plafond se cale sur le prochain tour réaliste du marché local, pas sur les grilles de référence américaines. Beaucoup de SAFE canadiens utilisent le modèle post-money alors que les tours pricés ultérieurs s'appuient sur des documents de style CVCA, ce qui fait du plafond la principale référence de valorisation de la cap table jusqu'à la Série A. Si le prochain lead est un fonds américain, ce tour peut se négocier en USD, et la comparaison entre le plafond en CAD et la pré-money en USD mérite d'être faite explicitement. Un plafond trop proche de la pré-money plausible de Série A retire à l'investisseur précoce sa raison de prendre le risque ; un plafond flatteur devient un ancrage que le prochain lead testera en diligence.
Un SAFE de 500 000 $ CA à un plafond de 8 000 000 $ post-money convertit en 500 000 / 8 000 000 = 6,25 % de la société, quel que soit le prix du prochain tour au-dessus du plafond. Si le tour price sous le plafond, le SAFE convertit au prix du tour : le plafond borne la valorisation de conversion par le haut, jamais par le bas, donc l'issue n'est jamais pire pour l'investisseur que 6,25 %, mesuré avant l'argent neuf.
Un warrant est un droit contractuel d’acheter des actions d’une société à un prix fixe (le strike, ou prix d’exercice) dans une période définie. Il ressemble à une option d’employé mais est accordé à des investisseurs, des prêteurs ou des partenaires plutôt qu’au personnel. Les warrants se tiennent rarement seuls ; ils sont d’ordinaire attachés à un autre instrument comme incitation supplémentaire, le plus souvent à de la venture debt (un prêteur prend des warrants en plus de l’intérêt), à des financements bridge, ou parfois à des deals commerciaux ou de partenariat comme equity kicker.
L’économie se décrit par le warrant coverage : la valeur des actions que les warrants peuvent acheter, exprimée en pourcentage du prêt ou de l’investissement associé. Un coverage de 10 % sur un prêt de 2 000 000 $ signifie des warrants sur 200 000 $ d’actions. Le strike est souvent calé sur le prix du tour le plus récent, donc le porteur de warrants profite si la valeur de la société dépasse ce niveau avant l’expiration. Tant qu’ils ne sont pas exercés, les warrants restent des actions potentielles ; exercés, ils se convertissent en equity réelle et diluent les détenteurs existants.
Pour les fondateurs, la discipline clé est de compter les warrants là où ils sont, dans la capitalisation fully diluted, et de suivre comment ils s’accumulent. La venture debt et les bridges sont des outils utiles pour une société deeptech intensive en capital qui étire son runway jusqu’au prochain jalon, mais chaque instrument à saveur de dette tend à porter du warrant coverage, et plusieurs d’entre eux le long d’une longue roadmap s’additionnent en une dilution significative, facile à négliger parce qu’elle n’est pas un tour d’equity pricé. Négocier le coverage à la baisse, le plafonner, ou raccourcir la durée des warrants sont autant de leviers ; ignorer les warrants jusqu’à leur exercice est la façon dont un fondateur se fait surprendre par le chiffre fully diluted au tour suivant.
La venture debt est un moyen courant, pour une société canadienne, d'étirer le runway entre des tours plus petits en CAD que leurs équivalents américains, et les warrants font généralement partie du prix du prêteur. Le coverage et la durée se négocient, donc un fondateur qui compare des offres de banques, de prêteurs spécialisés ou de fonds doit peser le warrant coverage à côté du taux d'intérêt. Les warrants logent dans le fully diluted que les documents de style CVCA et le modèle du prochain lead utiliseront, donc ils ressortent au tour suivant, exercés ou non. Les suivre instrument par instrument, et négocier coverage et durée à la baisse quand le deal est compétitif, garde la dilution délibérée plutôt qu'accidentelle.
Un prêt venture de 2 000 000 $ CA avec 10 % de warrant coverage accorde des warrants pour acheter 200 000 $ d'actions à un strike convenu (souvent le prix du dernier tour). À un strike de 4,00 $, ce sont 50 000 actions que le prêteur peut acheter plus tard ; exercées, ces actions diluent les détenteurs existants et rejoignent le compte fully diluted.
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L'outstanding cache ta vraie dilution. Chaque SAFE en circulation, chaque option promise, chaque siège de pool non alloué finira par convertir. Raisonne en fully diluted dès le premier jour. Le chiffre qui compte, c'est ce que tu possèdes après que tout a converti.
Les term sheets disent 'pre-money X avec un pool de 10%'. Ce pool sort en général du pre-money, pas de la poche du nouvel investisseur. Tu as dilué avant qu'il ait wire. Demande toujours : le pool est-il inclus dans le pre-money ?
Chaque SAFE émis aujourd'hui est une dilution connue au prochain tour. Plusieurs SAFEs à des caps différents ne s'additionnent pas linéairement : ils se cannibalisent (pre-money) ou se cumulent sur toi (post-money). Modélise la conversion avant de signer, pas après.
Un cap table dont les pourcentages ne tombent pas à 100,00% est un cap table cassé. À chaque ligne, chaque conversion, chaque tour, ton total fully diluted reste à 100%. Trois checks attrapent 90% des erreurs : %FD = 100, target pool tenue, cash matché. Pose-les, fais-les tourner systématiquement.
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